Le dernier classement des Spécialistes en valeurs du Trésor (SVT) met en évidence la position dominante de Ecobank et de Coris Bank International sur le marché régional des titres publics de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Dans un contexte de besoins budgétaires élevés et de conditions financières plus contraignantes, ces deux groupes bancaires s’imposent comme des acteurs clés du financement des États.
Présent dans l’ensemble des pays de l’Union, Ecobank occupe la première place sur plusieurs marchés majeurs, notamment en Côte d’Ivoire, au Sénégal, au Bénin et au Togo. Ces économies concentrent une part significative des émissions de bons et d’obligations du Trésor de l’UEMOA, faisant d’Ecobank un intermédiaire incontournable entre les États et les investisseurs institutionnels.
De son côté, Coris Bank International, dont le siège est au Burkina Faso, s’affirme comme un pilier du financement public dans plusieurs pays sahéliens. La banque arrive en tête du classement des SVT au Burkina Faso, au Mali, au Niger et en Guinée-Bissau, souvent talonnée par Ecobank. Dans ces économies où le financement de l’État repose fortement sur le système bancaire domestique, Coris Bank tire parti d’une proximité étroite avec les Trésors publics et d’un ancrage régional solide.
Un marché structuré autour de deux pôles
Cette répartition du leadership illustre la structuration progressive du marché régional de la dette autour de deux pôles complémentaires. Ecobank domine les marchés les plus profonds et les plus liquides, tandis que Coris Bank joue un rôle central dans les pays où l’intermédiation bancaire locale reste déterminante pour la couverture des besoins de financement public.
Ensemble, les deux groupes assurent une part prépondérante de l’intermédiation entre les États émetteurs et les investisseurs, contribuant à la liquidité et à la continuité des adjudications sur le marché régional.
Derrière ce duo, d’autres acteurs — Bank of Africa, Orabank, CBAO, ainsi que plusieurs sociétés de gestion et d’intermédiation financière — participent également à l’animation du marché, sans toutefois remettre en cause la position dominante des deux leaders.
Les banques, principales pourvoyeuses de financement des États
Alors que les États de l’UEMOA continuent de recourir massivement au marché domestique pour financer leurs budgets, le rôle des banques agréées comme SVT apparaît plus que jamais déterminant pour la stabilité du système.
À la date du 17 décembre, plus de 11 460 milliards de FCFA (environ 20,47 milliards de dollars) avaient déjà été mobilisés sur le marché régional, soit 41 % de plus que l’an dernier, où 8 127 milliards de FCFA avaient été levés sur l’ensemble de l’année. Entre 80 % et 90 % de ces montants proviennent des banques de la zone, confirmant leur rôle central dans l’absorption et la redistribution de la dette souveraine.
Pour rappel, seuls les établissements agréés comme Spécialistes en valeurs du Trésor sont habilités à participer directement aux adjudications de bons et d’obligations du Trésor organisées par UMOA-Titres pour le compte des États membres. Un statut qui confère aux banques concernées une place stratégique dans l’architecture financière régionale.




