Au Togo, le dynamisme du crédit bancaire confirme le rôle central du système financier dans le soutien à l’activité économique, malgré un environnement encore contraint. À fin septembre 2025, les banques togolaises ont accordé 903 milliards de FCFA de nouveaux crédits, selon les données du Conseil national du crédit (CNC), réuni récemment à Lomé.
Ce volume représente une progression de 22 % par rapport à la même période en 2024, où les mises en place de crédits s’élevaient à 740 milliards de FCFA. Une évolution qui traduit la persistance des besoins de financement exprimés par les ménages, les entreprises et les autres acteurs économiques.
Présidé par le ministre de l’Économie et des Finances, Essowè Georges Barcola, le CNC estime que cette dynamique du crédit constitue un signal encourageant. Elle reflète à la fois le maintien de la confiance des établissements bancaires dans l’économie togolaise et la poursuite d’une croissance jugée soutenue, dans un contexte international marqué par de fortes incertitudes.
Des taux d’intérêt globalement maîtrisés
Autre élément relevé par le Conseil : les taux débiteurs pratiqués par les banques demeurent relativement contenus. En septembre 2025, ils se situaient autour de 7,5 % en moyenne, un niveau proche de la moyenne observée dans la sous-région UEMOA.
Cette modération contribue à soutenir la demande de crédit, même si l’accès au financement reste inégal selon les catégories d’acteurs économiques et les secteurs.
Des défis structurels encore à relever
Malgré cette progression, le CNC souligne que le secteur bancaire togolais reste confronté à plusieurs défis majeurs. Parmi les priorités identifiées figurent :
- le développement de produits financiers innovants, notamment pour mobiliser l’épargne de la diaspora ;
- le renforcement des financements en direction des très petites, petites et moyennes entreprises (TPME) ;
- l’augmentation des crédits destinés au logement et à l’agriculture ;
- l’amélioration de la qualité des services financiers ;
- la poursuite de la digitalisation des services, tout en garantissant la sécurité des systèmes d’information.
Attentes vis-à-vis des acteurs du secteur
Dans cette perspective, le Conseil national du crédit attend des propositions concrètes de la part des dirigeants de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers du Togo (APBEF-Togo) et de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Togo (APSFD-Togo).
L’objectif est de renforcer durablement le financement de l’économie togolaise, en améliorant l’inclusion financière et en orientant davantage les ressources vers les secteurs à fort potentiel de croissance et d’emplois.




