Ghana : le cedi signe sa meilleure performance en trois décennies

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En 2025, le cedi ghanéen a signé une performance monétaire sans précédent. La devise s’est appréciée de 41 % face au dollar, enregistrant sa première hausse annuelle depuis au moins 1994, selon des données compilées par Bloomberg. Cette progression place le cedi au rang de deuxième monnaie la plus performante au monde parmi 144 devises suivies, juste derrière le rouble russe.

Ce retournement marque une rupture nette pour une économie longtemps confrontée à une forte volatilité de sa monnaie, à une inflation élevée et à des déséquilibres persistants de ses comptes extérieurs. En 2025, le contexte macroéconomique s’est nettement amélioré, porté notamment par l’envolée historique des prix de l’or, devenu une valeur refuge privilégiée dans un environnement mondial marqué par les tensions géopolitiques et financières.

Premier producteur d’or d’Afrique, le Ghana a pleinement bénéficié de cette conjoncture favorable. La Bank of Ghana a intensifié ses achats de métal précieux, contribuant à un renforcement marqué des réserves de change. Celles-ci ont progressé d’environ 24 % depuis le début de l’année pour atteindre près de 11,4 milliards de dollars fin octobre, selon les chiffres officiels.

Dans le même temps, les autorités ont lancé en mai 2025 le GoldBod, un organisme public chargé d’acheter l’or issu de l’exploitation artisanale et à petite échelle. L’objectif est double : mieux canaliser une production longtemps informelle vers les circuits officiels et réduire la contrebande, qui privait l’État de précieuses recettes en devises. Au troisième trimestre, GoldBod a exporté plus de 25 tonnes d’or, un volume légèrement supérieur à celui des grandes mines industrielles sur la même période.

Pour les analystes, la performance exceptionnelle du cedi repose sur une combinaison de facteurs favorables : hausse des recettes d’exportation, amélioration de la gestion du marché des changes, accumulation de réserves et crédibilité renforcée des politiques macroéconomiques. Elle ne signifie toutefois pas la disparition des fragilités structurelles de l’économie ghanéenne.

La pérennité de cette stabilité monétaire dépendra de la capacité des autorités à maintenir la discipline budgétaire, contenir durablement l’inflation et poursuivre les réformes engagées dans le cadre du programme soutenu par le FMI. En novembre, l’inflation annuelle est retombée à 6,3 %, contre 8 % un mois plus tôt, selon le Ghana Statistical Service, alors qu’elle avait dépassé 50 % au pic de la crise en 2022. Un recul spectaculaire, qui conforte la trajectoire actuelle, tout en rappelant que le retour de la confiance reste étroitement conditionné à la constance des politiques économiques.

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