Le Bénin prépare une émission obligataire internationale avec son premier sukuk, une première depuis l’Afrique du Sud

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Le Bénin franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de financement international. Les autorités béninoises ont entamé, à Londres, des discussions avec des investisseurs en vue d’une émission obligataire multi-tranches pouvant atteindre près d’un milliard de dollars, incluant un sukuk à sept ans, une première pour le pays et l’une des rares pour l’Afrique subsaharienne depuis l’opération sud-africaine de 2014.

Une opération structurante et innovante

Selon des sources de marché, l’opération serait structurée au format 144A/Reg S et combinerait :

  • un sukuk international (obligation conforme à la finance islamique),
  • et une éventuelle réouverture de deux eurobonds existants :
    • 750 millions $ échéance février 2038 (coupon 7,960 %),
    • 500 millions $ échéance janvier 2041 (coupon 8,375 %).

Le consortium bancaire est composé de Citi, Emirates NBD Capital, HSBC et JP Morgan (coordinateurs globaux), avec Arqaam Capital en co-chef de file, tandis que Emirates NBD Capital et HSBC assurent la structuration du sukuk.

Noté B1 (Moody’s), BB- (S&P) et B+ (Fitch), le Bénin entend profiter d’un contexte de marché jugé porteur pour diversifier sa base d’investisseurs, notamment vers le Golfe, et réduire sa dépendance aux financements traditionnels.

Une dette jugée solide par les agences

L’attrait de l’opération repose aussi sur la qualité perçue de la structure de dette publique béninoise. Fitch souligne :

  • une maturité moyenne de 9,3 ans,
  • une dette quasi intégralement à taux fixe,
  • plus de 50 % concessionnelle,
  • un coût moyen limité à 3,4 % fin 2025,
  • et une exposition modérée aux risques de taux et de change.

Malgré un contexte politique récent marqué par une tentative de coup d’État avortée, l’appétit des investisseurs demeure intact. Fitch a d’ailleurs relevé la perspective de la note souveraine à “positive”, confirmant la notation B+.

Le sukuk, nouveau levier de financement pour l’Afrique de l’Ouest

Au-delà du Bénin, cette opération illustre la montée en puissance de la finance islamique en Afrique subsaharienne. Le marché mondial des sukuk est en forte croissance, et Citi souligne que le rapprochement entre l’Afrique et le Golfe pourrait ouvrir la voie à de nouveaux émetteurs.

Dans la région :

  • le Nigeria prépare son premier sukuk international de 500 millions $,
  • le Sénégal a annoncé un sukuk de référence en 2026.

Pour le Bénin, cette émission constituerait un signal fort : un pays à la signature encore “high yield” mais capable d’innover financièrement, d’attirer des capitaux du Moyen-Orient et de consolider sa trajectoire de financement durable et diversifiée.

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