Or au Ghana : fin annoncée des accords de stabilité, Ahafo en première ligne

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Avec 798 000 onces produites en 2024, le complexe d’Ahafo s’est hissé au rang de première mine d’or d’Afrique. Exploitée par Newmont Corp, la mine a bénéficié en 2025 de la mise en service d’Ahafo North, un projet de près de 950 millions de dollars destiné à accroître durablement la production. C’est pourtant ce site emblématique qui inaugure aujourd’hui un tournant fiscal majeur au Ghana.

Selon Reuters, le gouvernement ghanéen prévoit de supprimer progressivement les accords de stabilité minière, mécanismes mis en place au début des années 2000 pour attirer les investissements étrangers via des avantages fiscaux et réglementaires. La décision, confirmée par le PDG par intérim de la Commission des minéraux, Isaac Tandoh, s’appliquera dès à présent à Ahafo, dont l’accord est arrivé à échéance en décembre 2025.

Des accords jugés dépassés

L’accord d’Ahafo, signé en 2003 puis révisé en 2015, limitait les avantages fiscaux à sept ans, avec une option de prolongation de cinq ans conditionnée à un nouvel investissement de 300 millions de dollars. Malgré une demande de renouvellement de Newmont, Accra a tranché.
Motif avancé : des abus observés dans l’utilisation de ces régimes préférentiels. « Certaines entreprises utilisent les recettes générées au Ghana pour acquérir des actifs ailleurs, tout en négligeant leurs obligations locales, notamment envers les assemblées de district », a indiqué Isaac Tandoh à Reuters.

Vers un nouveau cadre fiscal

Le gouvernement entend remplacer ces accords par des règles générales plus strictes, afin d’augmenter les retombées nationales. Parmi les pistes déjà annoncées figure une redevance aurifère progressive :

  • 9 % au taux de base,
  • jusqu’à 12 % si le prix de l’or dépasse 4 500 $ l’once.

À titre de comparaison, ce barème double largement les taux variables de 3 % à 5 % prévus par l’accord d’Ahafo.

Ahafo, moteur de la stratégie de Newmont

Pour Newmont, l’enjeu est de taille. L’intégration d’Ahafo North doit porter la capacité du complexe à environ 850 000 onces à terme, au-delà du record de 2024. À ce stade, le groupe n’a pas officiellement réagi à la fin des accords de stabilité, alors même que le contexte de marché reste favorable : le prix de l’or a progressé d’environ 70 % en 2025 et poursuit sa hausse en 2026.

Un signal pour l’ensemble du secteur

La réforme ne se limite pas à Newmont. D’autres acteurs majeurs, dont AngloGold Ashanti et Gold Fields, verront leurs accords arriver à échéance en 2027. Pour Accra, l’objectif est clair : capturer une part plus importante de la rente aurifère dans un cycle haussier, tout en maintenant l’attractivité du pays.

Reste à trouver l’équilibre. Si la fin des accords de stabilité accroît la marge budgétaire du Ghana, elle ouvre aussi une période d’ajustement stratégique pour les groupes miniers, appelés à composer avec un cadre fiscal plus exigeant sur l’un des marchés aurifères les plus dynamiques du continent.

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