Le groupe industriel Mark Cables, basé à Dubaï, a annoncé le 26 janvier l’achèvement de la construction d’une centrale électrique thermique de 200 mégawatts (MW) au Burkina Faso, un projet destiné à renforcer l’offre nationale d’électricité et à réduire la dépendance du pays aux importations d’énergie.
Selon l’entreprise, le chantier — dont le coût est estimé à 180 millions d’euros (environ 213 millions de dollars) — a été réalisé en seulement six mois, un délai présenté comme un record pour une infrastructure de cette envergure. La centrale devrait contribuer à stabiliser le réseau électrique national, régulièrement confronté à des déficits de production et à des coupures.
« En ajoutant 200 MW de capacité supplémentaire, Mark Cables apporte une réponse concrète au déficit électrique national », a déclaré le groupe dans un communiqué.
Un projet dans un contexte de déficit énergétique structurel
Le Burkina Faso affiche un taux d’électrification d’environ 34,2 %, selon les dernières données du ministère de l’Énergie, des Mines et des Carrières. Une part significative de la population reste donc sans accès fiable à l’électricité, tandis que le pays demeure dépendant des importations d’énergie en provenance des États côtiers d’Afrique de l’Ouest.
Dans ce contexte, le renforcement des capacités de production locales constitue un enjeu stratégique, tant pour la sécurité énergétique que pour la compétitivité économique.
Une dynamique d’investissements dans la production thermique
L’initiative de Mark Cables s’inscrit dans une dynamique plus large d’investissements dans la production électrique. En novembre 2025, le groupe turc Aksa Enerji avait annoncé un projet de centrale thermique au fuel de 119 MW à Ouagadougou, destiné à accompagner la hausse de la demande liée à l’urbanisation et à la croissance démographique.
Par ailleurs, la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL) a dévoilé récemment un programme ambitieux de développement des capacités de production, incluant la construction de 12 centrales thermiques, à raison d’une par région.
Selon son directeur général, Souleymane Ouédraogo, ce plan vise à ajouter 515 MW de capacité supplémentaire d’ici 2028, avec pour objectifs de sécuriser l’approvisionnement, améliorer la qualité du service et réduire la fréquence des coupures, notamment dans les zones dépendantes des interconnexions régionales.
Un levier pour la sécurité énergétique et la croissance
Si la transition vers les énergies renouvelables reste un objectif de long terme, les centrales thermiques demeurent un pilier central de la stratégie énergétique burkinabè pour répondre à l’urgence du déficit d’offre.
À court et moyen terme, ces nouveaux investissements pourraient améliorer la résilience du système électrique, soutenir l’industrialisation et favoriser l’extension de l’accès à l’électricité, un facteur clé pour la croissance économique et l’amélioration des conditions de vie.




