L’Afrique de l’Ouest continue de renforcer son rôle central dans la filière mondiale de la noix de cajou. Alors que la région concentre plus de la moitié de l’offre mondiale, les initiatives visant à développer la transformation locale commencent à porter leurs fruits. Selon des estimations préliminaires du service indépendant de conseil commercial N’kalô, publiées le 3 février, 732 000 tonnes de noix de cajou ont été transformées en amande en 2025 dans l’ensemble des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest.
Ce volume représente une hausse de 51 % par rapport à 2024 (483 500 tonnes). Une progression spectaculaire, mais qui repose essentiellement sur trois pays : la Côte d’Ivoire, le Bénin et le Ghana. Dans les autres États producteurs, la transformation est restée stable ou en recul.


La Côte d’Ivoire confirme sa domination dans la filière régionale. En 2025, l’industrie ivoirienne a transformé 600 000 tonnes, en hausse de 67 % sur un an. Ce volume représente à lui seul 82 % de la transformation totale enregistrée en Afrique de l’Ouest.
Plusieurs facteurs expliquent cette performance. Les transformateurs ivoiriens ont bénéficié d’une meilleure disponibilité de la matière première, appuyée par un renforcement de la lutte contre la contrebande, selon le Conseil du coton, de l’anacarde et du karité. À cela s’ajoute une évolution du marché international : la hausse des droits de douane américains sur les produits transformés a réduit l’attrait des acheteurs asiatiques – notamment en Inde et au Vietnam – pour les noix brutes ivoiriennes, relâchant la pression sur l’approvisionnement local des industriels.

Deuxième moteur de la dynamique régionale, le Bénin a enregistré une transformation record de 50 000 tonnes, soit deux fois plus qu’en 2024. Une performance historique, qui contraste avec le précédent pic de 13 000 tonnes observé en 2020. Cette accélération résulte notamment de la réforme adoptée en avril 2024, interdisant l’exportation de noix brute afin de réserver la matière première aux transformateurs locaux. Une stratégie radicale, différente de celle d’Abidjan, qui privilégie une période d’exclusivité d’accès pour ses industriels.


Le Ghana, pour sa part, a transformé 15 000 tonnes en 2025, en progression de 7 %, mais demeure loin de son record récent de 16 000 tonnes. L’industrie locale reste confrontée à un accès difficile à la matière première, largement orientée vers l’exportation brute, ainsi qu’à un cadre réglementaire moins incitatif que ceux du Bénin et de la Côte d’Ivoire.
Dans l’ensemble, la forte hausse de la transformation observée en 2025 marque une étape importante pour la création de valeur au sein de la filière ouest-africaine de l’anacarde. Le défi des prochaines années sera de maintenir cette dynamique, alors que les contraintes diffèrent selon les pays : disponibilité de la matière première, capacités industrielles, incitations réglementaires et attractivité des marchés internationaux.




