La BERD engage 153 millions $ dans l’agrobusiness au Nigeria et en Côte d’Ivoire

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L’Afrique de l’Ouest dispose d’avantages comparatifs solides sur plusieurs matières premières agricoles stratégiques — cacao, anacarde, sésame — mais l’accès au financement demeure l’un des principaux freins au développement des chaînes de valeur régionales.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) a annoncé le 17 février l’approbation de ses premiers financements dédiés à l’agrobusiness au Nigeria et en Côte d’Ivoire. L’institution accorde deux prêts pour un montant cumulé d’environ 153 millions de dollars à des entreprises actives dans le négoce et la transformation de produits agricoles.

Ces opérations constituent la première brique d’un portefeuille agroalimentaire en Afrique de l’Ouest pour la BERD. Depuis juillet 2025, seuls trois pays de la sous-région — le Bénin, le Nigeria et la Côte d’Ivoire — bénéficient du statut de pays d’opération de l’institution.

Deux financements structurants

Le premier prêt, d’un montant de 70 millions de dollars, est accordé au groupe singapourien Robust International. L’appui vise à renforcer les besoins en fonds de roulement de l’entreprise au Nigeria et en Côte d’Ivoire, notamment dans l’anacarde, le sésame et d’autres produits agricoles.

Le financement doit également accompagner la mise en œuvre d’un programme de formation axé sur la conformité biologique, le commerce équitable et l’amélioration des pratiques agricoles des petits producteurs.

Dans un second temps, la BERD a octroyé un prêt de 70 millions d’euros (82,9 millions de dollars) à Valency International. Cette enveloppe servira à financer l’achat d’anacarde, de soja, de cacao et de sésame destinés à la transformation et à l’exportation au Nigeria et en Côte d’Ivoire. Un appui technique est également prévu pour renforcer les pratiques de gouvernance climatique du groupe.

Pour Odile Renaud-Basso, présidente de la BERD, ces premiers investissements marquent « une étape importante pour soutenir deux économies dynamiques où l’agriculture fait vivre des millions de personnes ».

Un contexte porteur pour l’anacarde

L’annonce intervient à un moment stratégique, alors que la campagne 2025/2026 d’anacarde débute en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial avec plus d’un million de tonnes par an.

Selon les estimations préliminaires du cabinet N’kalô, la Côte d’Ivoire aurait transformé environ 600 000 tonnes de noix de cajou, soit près de 81 % du volume total transformé dans la sous-région. Cette montée en puissance de la transformation locale renforce l’intérêt de financements adaptés aux besoins en fonds de roulement et en structuration des chaînes de valeur.

Au-delà de ces deux opérations, l’entrée de la BERD dans l’agrobusiness ouest-africain pourrait ouvrir la voie à une diversification des sources de financement pour des filières stratégiques, dans une région où la montée en gamme industrielle reste étroitement liée à l’accès à des capitaux longs et compétitifs.

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