Le groupe panafricain Dangote Cement, contrôlé par l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, a enregistré une forte progression de ses performances financières en 2025. Selon ses états financiers audités publiés le 28 février, le premier producteur de ciment du continent a dégagé un bénéfice net de 1 014,9 milliards de nairas (environ 732 millions de dollars), soit une hausse de 101,3 % par rapport à l’année précédente.
Cette amélioration s’explique principalement par une meilleure efficacité opérationnelle, dans un contexte pourtant marqué par un léger recul des volumes de ventes.
Le chiffre d’affaires du groupe a atteint 4 306,7 milliards de nairas (3,10 milliards de dollars) en 2025, contre 3 580,5 milliards de nairas en 2024, ce qui représente une croissance de 20,3 %. Dans le même temps, le volume total des ventes a légèrement reculé de 0,9 %, pour s’établir à 27,46 millions de tonnes.
Pour la direction du groupe, ces résultats traduisent la solidité du modèle économique de l’entreprise et les effets des mesures prises pour améliorer la structure des coûts. « 2025 a été une année marquante pour Dangote Cement, car nous avons réalisé des performances financières exceptionnelles qui soulignent la solidité de notre modèle commercial et l’efficacité de nos initiatives stratégiques », a déclaré Arvind Pathak, directeur général du groupe.
Une stratégie de réduction des coûts
L’un des leviers majeurs de cette amélioration de la rentabilité repose sur la réduction des coûts logistiques et énergétiques. Dangote Cement a notamment accéléré sa transition vers l’utilisation du gaz naturel comprimé (GNC) pour le transport de ses produits.
Au cours de l’année 2025, l’entreprise a acquis plus de 3 000 camions fonctionnant entièrement au GNC, une technologie qui permettrait de réduire de plus de 60 % les coûts de carburant par rapport au diesel. Cette stratégie vise à renforcer durablement la compétitivité du groupe dans un secteur fortement dépendant des coûts énergétiques.
Le Nigeria demeure le moteur du groupe
Les résultats financiers montrent également que le marché nigérian reste le principal pilier des activités de Dangote Cement. En 2025, le chiffre d’affaires réalisé au Nigeria a progressé de 34,8 %, pour atteindre 2 956,5 milliards de nairas, alors même que les volumes vendus sont restés quasiment stables à 17,7 millions de tonnes.
Cette performance souligne la capacité du groupe à améliorer ses marges sur son marché domestique, où il bénéficie d’une forte présence industrielle et d’une position dominante.
Une activité africaine en léger repli
En revanche, les opérations du groupe dans le reste du continent ont enregistré un ralentissement conjoncturel. Les volumes de production des filiales africaines ont reculé de 1,6 %, pour atteindre 11 millions de tonnes en 2025.
Plusieurs facteurs expliquent cette évolution, notamment les incertitudes politiques liées aux périodes électorales dans certains pays comme le Cameroun, le Sénégal et l’Afrique du Sud, ainsi que les contraintes de liquidité observées en Éthiopie.
Dans ce contexte, le chiffre d’affaires généré par les activités africaines du groupe a légèrement diminué de 1,7 %, passant de 1 481,4 milliards de nairas en 2024 à 1 456 milliards de nairas en 2025.
Un programme d’expansion industrielle en Afrique
Malgré ce ralentissement ponctuel, Dangote Cement poursuit sa stratégie d’expansion sur le continent. Le groupe est aujourd’hui présent dans dix pays africains, dont le Cameroun, le Ghana, l’Afrique du Sud, la République du Congo, le Sénégal, la Tanzanie, l’Éthiopie, la Sierra Leone, la Zambie et la Côte d’Ivoire.
Fin février, l’entreprise a signé un accord d’environ 1 milliard de dollars avec la société chinoise Sinoma Engineering pour développer de nouvelles capacités de production et moderniser certaines installations existantes.
Ce programme industriel couvre douze projets dans sept pays africains, incluant notamment la construction d’une nouvelle ligne de production au Nigeria, une nouvelle unité en Éthiopie et l’extension des capacités dans plusieurs pays comme la Zambie, la Tanzanie, la Sierra Leone ou encore le Cameroun.
Au Nigeria, le groupe prévoit également de renforcer les capacités de ses sites industriels d’Itori, Apapa, Lekki, Port Harcourt et Onne, dans le cadre de son plan stratégique à l’horizon 2030. L’objectif affiché est d’augmenter la capacité de production globale du groupe à 80 millions de tonnes par an, afin de consolider sa position de leader sur le marché africain du ciment.




