Le Ghana prépare la mise en place d’une plateforme numérique destinée à rendre publics les Power Purchase Agreements (PPA), ou contrats d’achat d’électricité conclus entre l’État et les producteurs indépendants. L’initiative vise à renforcer la transparence dans un secteur longtemps marqué par des controverses liées à la gouvernance des contrats énergétiques.
Selon des informations relayées par la presse ghanéenne le 19 mars, le projet a été annoncé par John Abdulai Jinapor. Une fois opérationnel, le portail permettra aux citoyens d’accéder en ligne aux contrats et de les télécharger librement.
Concrètement, la plateforme offrira la possibilité de consulter les principales informations contenues dans ces accords, notamment les prix de l’électricité, les volumes contractuels et les conditions d’approvisionnement qui lient l’État aux producteurs indépendants sur le long terme.
Le projet ne se limitera pas aux futurs contrats : il vise également à centraliser et publier l’ensemble des PPA déjà en vigueur, afin de rendre plus lisible la structure des engagements énergétiques du pays.
Un secteur marqué par un déficit de transparence
La réforme intervient dans un contexte où les contrats d’achat d’électricité ont régulièrement suscité des critiques au Ghana. Une étude publiée en 2021 par Energy for Growth Hub souligne que le pays a signé un grand nombre de PPA au début des années 2010, lors d’une période de pénuries d’électricité.
Cette dynamique a conduit à une surcapacité de production installée, les engagements contractuels dépassant la demande réelle. Plusieurs contrats incluent notamment des clauses dites « take-or-pay », qui obligent l’État à payer pour de l’électricité même lorsqu’elle n’est pas consommée. Ces dispositions ont généré des coûts fixes importants pour les finances publiques.
Un rapport publié en 2017 par la World Bank sur la transparence des partenariats public-privé souligne également que les PPA au Ghana ont longtemps été négociés avec un niveau de divulgation limité, ce qui a réduit la capacité de contrôle institutionnel et citoyen.
Vers une gouvernance plus ouverte du secteur énergétique
Avec la création de ce portail numérique, les autorités espèrent instaurer un nouveau standard de transparence dans le secteur énergétique, en permettant un accès public aux informations contractuelles qui engagent les finances de l’État sur le long terme.
Cette démarche pourrait également contribuer à renforcer la confiance des investisseurs et à améliorer la gouvernance du secteur électrique, dans un pays où la gestion des infrastructures énergétiques reste un enjeu central pour la stabilité économique et le développement industriel.




