Guinée : après le retrait de sa mine, EGA privilégie la voie négociée pour éviter un arbitrage international

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Après la perte de son permis minier en Guinée, désormais attribué à la société publique Nimba Mining, le groupe Emirates Global Aluminium (EGA) semble temporiser sur le terrain judiciaire. Bien qu’ayant annoncé en 2025 son intention d’engager des poursuites, l’industriel émirati privilégie pour l’heure des discussions avec les autorités guinéennes en vue d’un règlement à l’amiable.

Plusieurs mois après la décision de Conakry, aucun recours formel n’a encore été introduit par EGA. Des échanges seraient toutefois en cours entre les deux parties, signe d’une volonté partagée d’éviter un contentieux international potentiellement long et coûteux.

Des mécanismes de compensation en discussion

À l’origine du différend, la révocation en juillet 2025 du permis d’exploitation détenu par EGA, dans un contexte de désaccord persistant autour du projet de raffinerie d’alumine. L’actif a ensuite été transféré à Nimba Mining, suscitant de vives réactions du groupe, qui évoquait alors « toutes les options légales ».

Depuis, plusieurs pistes sont explorées pour trouver une issue négociée. Selon des informations relayées en fin d’année 2025, une option consisterait à permettre à EGA de continuer à s’approvisionner en bauxite issue du site. Plus récemment, les autorités guinéennes étudieraient des accords de vente à des négociants internationaux intégrant des mécanismes de préfinancement, dont une partie pourrait servir à indemniser le groupe.

À ce stade, les contours de ces dispositifs restent incertains, tout comme le montant des compensations attendues par EGA. L’enjeu est de taille : la mine concernée, parmi les plus importantes du pays, avait bénéficié de plus d’un milliard de dollars d’investissements, avec une capacité d’exportation estimée à 14 millions de tonnes par an.

Un climat d’investissement sous tension

Ce dossier s’inscrit dans un contexte plus large de reprise en main du secteur minier par les autorités guinéennes. Premier exportateur mondial de bauxite, le pays cherche à renforcer la valorisation locale de ses ressources et à accroître les retombées économiques.

Mais cette stratégie n’est pas sans conséquences sur les relations avec certains investisseurs. Plusieurs entreprises ont engagé des procédures d’arbitrage international ces dernières années. Axis Minerals, également émiratie, réclame ainsi 28,9 milliards de dollars devant le CIRDI après le retrait de son permis. Falcon Energy a, de son côté, introduit une demande d’indemnisation d’environ 100 millions de dollars pour son projet de graphite à Lola.

Encore à un stade préliminaire, ces contentieux pourraient néanmoins s’inscrire dans la durée. Dans ce contexte, la capacité des autorités guinéennes à trouver un compromis avec EGA apparaît déterminante pour limiter les risques juridiques et préserver l’attractivité du secteur minier.

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