Riz : le Libéria se tourne vers le Nigeria pour renforcer sa productivité et réduire ses importations

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Le Libéria intensifie ses efforts pour renforcer sa production rizicole dans un contexte de forte dépendance aux importations. Le pays explore une coopération avec le Nigeria, en s’inspirant des performances de l’État de Jigawa dans la production à grande échelle et la structuration de la chaîne de valeur.

Dans ce cadre, le ministre de l’Agriculture, Alexander Nuetah, a reçu à Monrovia le gouverneur de l’État de Jigawa, Umar Namadi, pour des discussions axées sur le développement du secteur rizicole.

Une coopération orientée vers la productivité

Les échanges ont porté sur plusieurs axes stratégiques, notamment le renforcement de la sécurité alimentaire, le développement des investissements privés, le transfert de compétences techniques et la création éventuelle de coentreprises dans la transformation et la distribution du riz.

Le Libéria cherche notamment à s’inspirer des pratiques mises en œuvre à Jigawa, en particulier dans les domaines de la mécanisation, de l’irrigation et de l’encadrement des producteurs.

Des performances contrastées entre les deux modèles

Au Nigeria, l’État de Jigawa s’impose comme un pôle structuré de production rizicole, avec une progression régulière des volumes. La production de riz paddy y a atteint environ 218 000 tonnes en 2024, contre 203 000 tonnes en 2020, avec un rendement moyen estimé à 1,67 tonne par hectare.

À l’inverse, le Libéria affiche des volumes de production plus élevés – environ 287 400 tonnes en moyenne sur la même période – mais avec un rendement nettement inférieur, autour de 1,1 tonne par hectare.

Ce différentiel souligne les marges de progression en matière de productivité pour le pays.

Une dépendance croissante aux importations

Malgré une consommation parmi les plus élevées du continent, estimée à environ 133 kg par habitant et par an, la production locale ne couvre pas la demande intérieure.

Les importations de riz ont ainsi plus que doublé en quatre ans, passant de 285 756 tonnes en 2019 à plus de 658 000 tonnes en 2023, selon les données de la FAO.

Un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire

Dans ce contexte, le renforcement des capacités productives apparaît comme une priorité pour les autorités libériennes.

La coopération avec le Nigeria s’inscrit dans une logique de partenariat Sud-Sud visant à accélérer la transformation du secteur agricole, améliorer les rendements et réduire la dépendance aux marchés internationaux.

À terme, le développement d’une filière rizicole plus performante pourrait contribuer à stabiliser les prix, sécuriser l’approvisionnement et renforcer la résilience alimentaire du pays.

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