Le Nigeria renforce sa réponse face aux maladies animales qui fragilisent son secteur de l’élevage. Le ministère du Développement de l’Élevage a annoncé, le 9 avril, la mise en place d’un groupe de travail technique dédié à la lutte contre la péripneumonie contagieuse bovine (CBPP), une pathologie endémique aux impacts économiques significatifs.
Cette initiative intervient dans un contexte où l’élevage représente environ 35 % du PIB agricole du pays, faisant de la santé animale un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire et les revenus ruraux.
Une maladie à fort impact sur la productivité
La péripneumonie contagieuse bovine est une infection bactérienne hautement transmissible qui affecte le système respiratoire des bovins. Elle se manifeste par des symptômes tels que fièvre, toux, détresse respiratoire et perte d’appétit.
Selon l’Organisation mondiale de la santé animale, la maladie peut entraîner un taux de mortalité pouvant atteindre 50 %, ce qui en fait l’une des principales menaces sanitaires pour les élevages bovins.
Vers un cadre national de contrôle renforcé
Le groupe de travail mis en place par les autorités aura pour mission de définir un cadre national cohérent de lutte contre la CBPP.
Les priorités incluent le renforcement des systèmes de surveillance, l’amélioration des programmes de vaccination et la mise en place de mécanismes opérationnels plus efficaces pour contenir la propagation de la maladie.
Une maladie endémique difficile à contenir
La CBPP reste largement répandue sur le territoire nigérian. En 2025, 131 foyers ont été officiellement recensés dans 17 États, couvrant l’ensemble des zones géopolitiques du pays.
Ces données pourraient toutefois sous-estimer l’ampleur réelle de la situation, en raison des limites persistantes en matière de surveillance, de signalement et de diagnostic.
Des pertes économiques significatives
Les conséquences économiques de la maladie sont importantes pour la filière bovine.
Selon les données du National Agricultural Extension and Research Liaison Services, des cas enregistrés dans l’État de Taraba en 2024 ont entraîné la mort de 700 bovins, avec 138 abattages sanitaires supplémentaires pour contenir l’épidémie.
Ces pertes affectent directement la production de viande et de lait, dans un contexte où le gouvernement cherche à accroître l’offre locale de produits animaux.
Un secteur confronté à des défis structurels
Au-delà de la CBPP, le secteur de l’élevage nigérian fait face à d’autres maladies endémiques, telles que la fièvre aphteuse ou l’anthrax, qui pèsent également sur la productivité du cheptel.
Ces défis sont accentués par la prédominance de systèmes pastoraux extensifs, caractérisés par une faible productivité et une mobilité élevée des troupeaux.
Avec un cheptel estimé à 64,8 millions de têtes en 2024, le Nigeria dispose pourtant d’un potentiel important. Sa valorisation dépendra en grande partie de la capacité des autorités à renforcer les dispositifs sanitaires et à moderniser les pratiques d’élevage.




