Niger : un projet de 6 milliards FCFA pour relancer l’irrigation à Tahoua

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Au Niger, la transition vers une agriculture moins dépendante des aléas climatiques se poursuit. Le gouvernement a lancé, le 19 avril, les travaux de réhabilitation du périmètre hydroagricole d’Ibohamane, dans la région de Tahoua.

D’un montant de 6 milliards FCFA (environ 10,7 millions de dollars), le projet porte sur un aménagement de 750 hectares, initialement mis en place en 1968. Il vise à restaurer les capacités productives de cette infrastructure et à renforcer la sécurité alimentaire dans une zone fortement exposée à la variabilité climatique.

Accélérer le développement de l’irrigation

L’initiative s’inscrit dans le cadre du Projet d’Appui au Développement des Cultures Irriguées et à l’Intensification de la Production Animale (PACIPA), mis en œuvre avec le soutien de la Banque mondiale. Elle s’aligne également sur la stratégie nationale de développement de la grande irrigation, qui ambitionne d’élargir les superficies irriguées et de sécuriser durablement la production agricole.

Dans cette dynamique, les autorités prévoient d’étendre les interventions à d’autres départements de la région de Tahoua, notamment Abalak, Bouza, Keita et Tchintabaraden, à travers la réhabilitation et l’aménagement de nouveaux périmètres hydroagricoles.

Un potentiel encore largement sous-exploité

Malgré ces efforts, le recours à l’irrigation reste limité. Selon les données de la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, environ 269 000 hectares étaient équipés pour l’irrigation en 2023, alors que le potentiel national est estimé à 5,7 millions d’hectares.

Dans un contexte sahélien marqué par la sécheresse et la forte dépendance à l’agriculture pluviale, l’enjeu est stratégique. La FAO souligne d’ailleurs que les terres irriguées affichent une productivité en valeur plus de trois fois supérieure à celle des terres pluviales.

Un levier pour la sécurité alimentaire

À travers ce programme, les autorités nigériennes entendent renforcer la résilience du secteur agricole, améliorer les rendements et sécuriser les revenus des producteurs. L’extension des surfaces irriguées apparaît ainsi comme un levier clé pour répondre aux défis de sécurité alimentaire et de développement rural dans le pays.

S.N.

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