Le Nigeria lance une feuille de route pour moderniser la santé animale et sécuriser son élevage

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Au Nigeria, où l’élevage représente environ 35 % du PIB agricole, les autorités accélèrent la modernisation des services vétérinaires. Une feuille de route nationale couvrant la période 2026-2036 a été validée à Abuja, avec l’ambition de renforcer la résilience sanitaire du cheptel et de soutenir la productivité du secteur.

Une stratégie décennale pour moderniser le système vétérinaire

Porté par le ministère du Développement de l’élevage, ce plan vise à transformer en profondeur la gestion de la santé animale. Les priorités incluent l’amélioration de la surveillance des maladies, le renforcement des capacités des laboratoires vétérinaires et le déploiement de systèmes de vaccination plus efficaces.

La stratégie prévoit également la modernisation des outils d’identification et de traçabilité du bétail, un levier clé pour mieux contrôler les épidémies et sécuriser les chaînes de valeur.

Au-delà des aspects techniques, les autorités misent sur une approche intégrée, combinant transformation numérique, renforcement institutionnel et développement de partenariats public-privé.

Une réponse à des risques sanitaires persistants

Cette initiative intervient dans un contexte de recrudescence de certaines maladies animales. Début avril, un nouveau foyer d’anthrax a été signalé dans l’État de Zamfara à l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA), après plus d’un an sans alerte majeure.

Mais l’anthrax n’est qu’une partie du problème. Selon le National Agricultural Extension and Research Liaison Services (NAERLS), plusieurs pathologies continuent de peser lourdement sur le secteur :

  • chez les bovins : péripneumonie contagieuse, fièvre aphteuse, tuberculose ;
  • chez les petits ruminants : peste des petits ruminants (PPR) ;
  • dans l’aviculture : maladie de Newcastle, influenza aviaire, Gumboro ;
  • dans la filière porcine : peste porcine africaine.

Cette pression sanitaire fragilise la productivité, les revenus ruraux et la sécurité alimentaire.

Vers une approche intégrée « One Health »

La feuille de route s’inscrit dans une logique globale intégrant santé animale, santé humaine et environnement. Cette approche, souvent qualifiée de « One Health », vise à anticiper les zoonoses et à limiter les risques de transmission à l’homme.

Elle prévoit notamment :

  • une meilleure coordination entre les États fédérés ;
  • des systèmes de notification plus performants ;
  • des mécanismes de financement durables pour les campagnes sanitaires.

Un enjeu économique et stratégique

Au-delà de la santé publique, la réforme répond à un enjeu économique majeur. Un système vétérinaire plus performant permettrait :

  • d’améliorer la productivité de l’élevage ;
  • de sécuriser les échanges commerciaux ;
  • de renforcer la compétitivité des filières animales.

Dans un pays où l’élevage joue un rôle central dans les moyens de subsistance ruraux, la réussite de cette stratégie pourrait constituer un levier important de transformation agricole.

Reste désormais à voir si cette feuille de route se traduira par des résultats concrets sur le terrain, dans un environnement marqué par des défis structurels persistants et une forte pression sanitaire.

B.S.

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