Liberia : ArcelorMittal au cœur de l’ambition de triplement de la production de fer

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Le Liberia affiche des ambitions élevées pour son industrie minière, avec un objectif de production de minerai de fer compris entre 25 et 30 millions de tonnes par an, contre environ 10 millions en 2025. Au centre de cette stratégie se trouve ArcelorMittal, principal opérateur du pays, engagé dans un vaste programme d’investissement.

Une dynamique contrastée au niveau global

Au premier trimestre 2026, ArcelorMittal a produit 9,7 millions de tonnes de minerai de fer, en recul de 3,2 % par rapport au trimestre précédent. Cette baisse s’explique principalement par une contraction des volumes au Canada.

Toutefois, cette tendance globale masque une performance solide en Afrique de l’Ouest, où les opérations libériennes ont enregistré un trimestre record en production et en expéditions.

Un investissement structurant de 1,8 milliard de dollars

Pour accompagner la montée en puissance du secteur, ArcelorMittal déploie au Liberia un programme d’investissement de 1,8 milliard de dollars. L’objectif est de porter la capacité annuelle de production de 5 à 20 millions de tonnes.

Ce projet repose sur plusieurs leviers clés :

  • la modernisation du corridor ferroviaire reliant Tokadeh au port de Buchanan ;
  • le développement d’un concentrateur pour améliorer la qualité du minerai ;
  • l’augmentation des volumes de fines, plus valorisées sur les marchés internationaux.

La compagnie vise ainsi des expéditions dépassant 18 millions de tonnes dès 2026.

Une infrastructure au cœur de la stratégie

L’un des piliers de cette expansion réside dans le renforcement des capacités logistiques. L’accord minier prolongé jusqu’en 2050 avec l’État libérien prévoit notamment une extension des capacités ferroviaires, pouvant atteindre 30 millions de tonnes par an.

Dans ce cadre, ArcelorMittal a versé 200 millions de dollars pour sécuriser ses droits miniers et l’accès à ces infrastructures stratégiques.

Vers un changement d’échelle du secteur minier

Au-delà de la phase actuelle, des études sont en cours pour dépasser le seuil des 20 millions de tonnes par an. Cette perspective s’inscrit dans la volonté du Liberia de repositionner le minerai de fer comme pilier de son économie.

Si ces ambitions se concrétisent, le pays pourrait significativement renforcer ses recettes d’exportation et sa place sur le marché international. La réussite de cette stratégie dépendra toutefois de la capacité à mener à bien les investissements, à maintenir un environnement contractuel stable et à développer les infrastructures nécessaires.

Dans un contexte mondial marqué par une demande soutenue en matières premières, le Liberia tente ainsi de transformer son potentiel minier en levier de croissance durable.

A.S.

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