NSIA Banque Côte d’Ivoire a confirmé en 2025 sa dynamique de croissance, avec un résultat net qui dépasse pour la première fois la barre des 40 milliards FCFA. L’établissement bancaire a enregistré un bénéfice de 40,7 milliards FCFA (72,1 millions de dollars), en progression de 7 % sur un an, selon ses résultats annuels publiés la semaine dernière.
Cette performance s’inscrit dans une trajectoire de forte expansion. Le total bilan de la banque a atteint 3073 milliards FCFA, contre 2510 milliards FCFA un an plus tôt, soit une progression de 22 %. En parallèle, l’activité commerciale reste bien orientée, avec des crédits à la clientèle en hausse de 18 %, à 1818,7 milliards FCFA, tandis que les dépôts ont bondi de 32 % pour atteindre 2242 milliards FCFA, traduisant un renforcement significatif de la base de ressources.
Le principal moteur de cette croissance demeure la marge d’intérêt, qui progresse de 26 % à 79,8 milliards FCFA, soutenant un produit net bancaire (PNB) en hausse de 15 %, à 112,9 milliards FCFA.
Mais derrière cette performance solide, un indicateur attire l’attention : le coût net du risque, qui reflète les provisions constituées pour couvrir d’éventuels défauts de remboursement. Celui-ci s’est fortement dégradé en 2025, passant d’un niveau proche de l’équilibre l’année précédente à -8,5 milliards FCFA, soit une multiplication par plus de quatorze. Une évolution qui peut s’expliquer par la croissance rapide du portefeuille de crédits, mais qui constituera un point de vigilance pour les investisseurs et analystes en 2026.
Sur le plan du financement, NSIA Banque Côte d’Ivoire poursuit également sa stratégie d’innovation. En 2025, la banque a mené trois opérations de titrisation sur le marché financier régional de l’UEMOA, dont une opération pionnière multidevises FCFA/euro de 50 milliards FCFA, afin de diversifier ses sources de refinancement.
L’établissement entend désormais capitaliser sur cette dynamique pour accompagner le Plan national de développement (PND) 2026-2030 de la Côte d’Ivoire, dont le financement repose majoritairement sur le secteur privé. Dans ce contexte, la capacité de la banque à maintenir sa croissance tout en maîtrisant la qualité de ses actifs sera déterminante.
Y.H.




