Le Sénégal a mobilisé 4477 milliards de FCFA (7,94 milliards de dollars) de recettes budgétaires en 2025, atteignant 98,8 % de l’objectif annuel fixé dans la Loi de finances rectificative. Ces chiffres, présentés le 15 mai par le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, devant l’Assemblée nationale, traduisent une progression de 11,8 % par rapport à l’exercice précédent.
Selon le ministre, cette performance repose sur une dynamique soutenue des recettes fiscales, portée notamment par la montée en puissance de la fiscalité liée au secteur pétrolier, la bonne tenue de l’impôt sur les sociétés ainsi que la progression des revenus issus des capitaux mobiliers. Les recettes non fiscales ont également dépassé les prévisions, avec un taux d’exécution de 111,1 %, soutenu notamment par les dividendes et les revenus du domaine public.
Cheikh Diba met également en avant une gestion budgétaire maîtrisée, évoquant un excédent de trésorerie de 4,5 milliards de FCFA à fin 2025, qu’il présente comme le signe d’une gestion financière rigoureuse.
Ces résultats interviennent toutefois dans un contexte budgétaire particulièrement sensible. Le Sénégal reste confronté à une forte pression sur ses finances publiques après les réévaluations récentes du niveau réel de son endettement. Selon le Fonds monétaire international, la dette publique totale, incluant celle des entreprises publiques, représentait 132 % du PIB à fin 2024, avec également des arriérés de paiement intérieurs.
Dans ce contexte, l’amélioration des recettes constitue un signal positif pour les autorités, engagées dans une stratégie de consolidation budgétaire et de gestion active de la dette, aussi bien sur le marché domestique qu’international.
Les premiers chiffres de 2026 montrent d’ailleurs une dynamique qui se poursuit, avec 1139,5 milliards de FCFA de recettes mobilisées à fin mars, soit 19,2 % de l’objectif annuel inscrit dans le projet de Loi de finances.
A.S.




