ZLECAf : Ecobank s’allie au secrétariat continental pour fluidifier le commerce intra-africain

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Alors que le commerce intra-africain reste encore limité à environ 15 % des échanges du continent, le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et Ecobank veulent accélérer l’intégration économique en s’attaquant à l’un de ses principaux freins : le déficit de financement du commerce.

Les deux institutions ont annoncé, mercredi 20 mai, la signature d’un mémorandum d’entente (MoU) en marge de la troisième édition du forum d’affaires Biashara Afrika 2026, organisée à Lomé du 18 au 20 mai.

Ce partenariat vise à élargir l’accès des entreprises africaines aux opportunités commerciales et financières créées par la ZLECAf, avec une attention particulière portée aux petites et moyennes entreprises (PME), aux entreprises dirigées par des femmes et aux jeunes entrepreneurs.

Soutenir les PME africaines

Au cœur de l’accord figure un dispositif d’accompagnement destiné à renforcer les capacités des PME africaines, souvent confrontées à des contraintes structurelles d’accès au financement, aux marchés régionaux et aux infrastructures logistiques.

L’objectif est de leur fournir les outils, les compétences et les réseaux nécessaires pour mieux exploiter les opportunités du marché continental.

Le partenariat prévoit également la promotion du programme Ellevate by Ecobank, dédié à l’accompagnement des femmes entrepreneures à travers des solutions financières adaptées, des formations et des mécanismes de soutien ciblés.

Autre axe stratégique : le développement d’une plateforme commerciale continentale visant à réduire les asymétries d’information entre acteurs économiques africains, faciliter les mises en relation commerciales et renforcer la circulation d’informations entre acheteurs, vendeurs et organisations professionnelles.

Les deux partenaires entendent par ailleurs porter un plaidoyer commun auprès des régulateurs africains afin d’atténuer les obstacles non tarifaires et les difficultés persistantes liées aux paiements transfrontaliers.

« L’accès au commerce et à un financement abordable reste essentiel pour libérer tout le potentiel de la ZLECAf. Grâce à ce partenariat avec Ecobank, nous renforçons le soutien apporté aux entreprises africaines, notamment les PME, les entreprises dirigées par des femmes et les jeunes entrepreneurs », a déclaré Wamkele Mene, secrétaire général de la ZLECAf.

Dans le sillage de l’engagement de 3 milliards $

Cette initiative prolonge la dynamique engagée par Ecobank lors du sommet Africa Forward à Nairobi, où la banque panafricaine avait annoncé un engagement de 3 milliards de dollars sur trois ans en faveur du financement du commerce africain, en partenariat avec plusieurs institutions de financement du développement.

L’accord signé avec le secrétariat de la ZLECAf apparaît comme un levier opérationnel pour canaliser une partie de cette ambition vers le commerce intra-africain.

Le défi reste de taille. Selon la Banque africaine de développement (BAD), les PME représentent environ 80 % du tissu entrepreneurial africain, tandis que la Société financière internationale (SFI) estime qu’elles concentrent plus de 80 % des emplois sur le continent.

Pourtant, ces entreprises demeurent les premières victimes du déficit de financement du commerce, estimé à plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Une intégration encore freinée

Malgré le lancement officiel de la ZLECAf, plusieurs obstacles continuent de freiner la montée en puissance des échanges intra-africains : coûts élevés des transactions transfrontalières, barrières non tarifaires, lenteurs douanières, fragmentation réglementaire et faiblesse des infrastructures logistiques.

À titre de comparaison, le commerce intra-régional dépasse 60 % en Europe et en Asie.

Dans ce contexte, les banques panafricaines apparaissent de plus en plus comme des acteurs clés de l’intégration économique continentale, en complément des réformes institutionnelles.

Au-delà de la coopération bilatérale, ce mémorandum s’inscrit dans l’ambition plus large de la ZLECAf et de l’Agenda 2063 de l’Union africaine, qui visent la construction d’un marché intégré de plus de 1,3 milliard d’habitants, représentant un PIB combiné estimé à 3400 milliards de dollars.

Y.H.

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