Côte d’Ivoire : la commune du Plateau cartographie ses 2 600 arbres et lorgne le marché carbone pour financer leur préservation

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La mairie du Plateau dispose désormais d’un état des lieux précis de son patrimoine arboricole. Un inventaire réalisé avec l’appui du cabinet GSEF Expertise, remis le 5 mai 2026, recense environ 2 600 arbres répartis en 75 espèces issues de 48 familles végétales. Au-delà du constat écologique, c’est une piste de financement concrète qui émerge : l’inscription de ce patrimoine végétal dans un mécanisme de crédits carbone.

Un patrimoine fragilisé par l’urbanisation

L’inventaire dresse un tableau contrasté. Certaines espèces affichent un bon état sanitaire, à l’image de pieds sains de Lagerstroemia speciosa et de Cedrela odorata. Mais la pression urbaine laisse des traces visibles : des Albizia lebbeck parasités par des mousses et des fougères, des Hevea brasiliensis touchés par des attaques d’insectes et des déformations, ainsi que des arbres morts sur pied ou mutilés. L’étude identifie par ailleurs des espèces vulnérables — dont Cedrela odorata — et des espèces quasi-menacées comme Eucalyptus camaldulensis.

Pour la directrice de l’environnement et du cadre de vie à la mairie, Dr Aka Bénédicte épouse Kablan, ces résultats « confirment l’urgence d’une action renforcée » face à une biodiversité sous pression.

Le marché carbone, levier de financement à explorer

C’est la dimension économique de l’étude qui retient l’attention. Le géomaticien Yeo Nahoua, impliqué dans les travaux, plaide pour que la commune monétise son couvert végétal via les mécanismes de crédits carbone : inscrire ces arbres dans un programme de gestion certifiée permettrait de générer des financements dédiés à leur entretien et à leur renouvellement, sans peser sur le budget municipal.

La piste est sérieuse. Les marchés volontaires du carbone offrent aux collectivités locales — y compris en Afrique — des possibilités croissantes de valorisation de leur biomasse urbaine, à condition de disposer d’un inventaire rigoureux et d’un protocole de suivi certifiable. L’étude livrée à la mairie du Plateau pose précisément ces bases.

En parallèle, la commune s’est engagée dans un programme de plantation de 10 000 arbres pour restaurer progressivement son couvert végétal. Une démarche qui s’inscrit dans la dynamique nationale portée par le ministre de l’Environnement Abou Bamba, qui a réaffirmé à l’occasion de la Journée internationale de la biodiversité l’engagement du gouvernement à préserver le capital biologique du pays.

Y.H.

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