Guinée : une usine de pelletisation de 2 millions de tonnes étudiée pour Simandou, sur le modèle de la transformation locale réussie dans la bauxite

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Le ministère guinéen des Mines et de la Géologie a examiné jeudi 18 juin l’étude de faisabilité d’une usine de pelletisation de 2 millions de tonnes par an pour le mégagisement de fer Simandou. Soumise conjointement par Simfer SA et Baowu, l’étude marque une première traduction concrète des engagements de transformation locale pris par les opérateurs industriels du projet.

Une obligation contractuelle issue de la Convention de co-développement

Simandou est réparti entre deux ensembles d’actionnaires : Simfer, coentreprise entre l’australien Rio Tinto et le chinois Chinalco, exploite les blocs 3 et 4 ; Baowu Winning Consortium Simandou, qui implique China Baowu Steel Group, premier producteur mondial d’acier, opère les blocs 1 et 2. La Convention de co-développement signée par ces acteurs impose la soumission d’une étude de faisabilité — pour une aciérie de 500 000 tonnes ou une usine de pellets de 2 millions de tonnes — dans les deux ans suivant la mise en service du gisement.

Depuis le lancement des expéditions commerciales fin 2025, les volumes exportés vers la Chine augmentent chaque mois. À pleine capacité, Simandou pourra fournir jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai de fer par an.

1 950 emplois au pic de la construction, 788 postes permanents

Le choix porté sur la pelletisation — procédé qui transforme le minerai en boulettes utilisées par l’industrie sidérurgique — répond à un double objectif pour Conakry : créer davantage de valeur ajoutée localement et préparer une insertion plus ambitieuse dans la chaîne mondiale de l’acier, au-delà de la simple extraction. Le projet mobiliserait jusqu’à 1 950 emplois au pic de la construction et 788 postes permanents en exploitation.

Des inconnues majeures encore à lever

L’étude rendue publique laisse cependant plusieurs questions en suspens : coût estimé de l’usine, calendrier de développement, montage financier et date de décision finale d’investissement ne sont pas communiqués. Reste également à déterminer si cette unité constituera le strict minimum contractuel ou la première étape d’une filière sidérurgique plus large autour du fer guinéen.

La question énergétique sera particulièrement scrutée. Avec un taux d’accès à l’électricité estimé à environ 53 % de la population selon la Banque mondiale, la Guinée devra clarifier les besoins énergétiques de l’usine et la source d’approvisionnement envisagée — un défi que Conakry semble toutefois disposé à surmonter, comme l’illustre le lancement récent de plusieurs raffineries d’alumine destinées à valoriser la bauxite, financées notamment par des groupes chinois.

A.S.

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