Togo : à Rome, Faure Gnassingbé positionne Lomé comme porte d’entrée pour les capitaux européens et du Golfe vers l’Afrique de l’Ouest

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Invité personnel de Yasir Al-Rumayyan, gouverneur du fonds souverain saoudien PIF, Faure Gnassingbé a livré mercredi 17 juin un argumentaire ciblé devant plus de 1 600 dirigeants réunis au sommet FII Priority Europe 2026, à Rome. Le président du Conseil togolais y a positionné Lomé comme point d’entrée régional crédible pour les capitaux européens et moyen-orientaux en quête de juridictions bancables en Afrique de l’Ouest.

Le Port autonome de Lomé comme corridor pour le Sahel

L’offre togolaise s’articule autour de quatre actifs : le Port autonome de Lomé, les corridors vers l’hinterland sahélien, la facilitation des échanges et la digitalisation des procédures commerciales. « Lorsqu’un port devient plus efficace, il réduit les coûts, accélère le commerce et renforce la compétitivité de plusieurs marchés », a affirmé Gnassingbé, soulignant qu’une part significative du commerce extérieur du Burkina Faso, du Niger et du Mali transite déjà par le port togolais.

L’argument central de l’intervention reprend la thèse déjà développée par le dirigeant : le capital international doit financer des « systèmes productifs » intégrés — ports connectés à des corridors, zones industrielles connectées à l’énergie, chaînes agricoles connectées à la transformation — plutôt que des actifs isolés.

Une fenêtre stratégique calibrée sur 2026

L’intervention arrive à un moment précis du calendrier continental. La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) entre en phase opérationnelle en 2026, tandis que la stratégie Global Gateway de l’Union européenne, dotée de 150 milliards d’euros pour l’Afrique, est en cours d’exécution. Pour les financeurs européens et du Golfe présents à Rome — réunis sous le thème « Europe Reimagined: Capital, Sovereignty & Strategic Autonomy », dans un contexte de croissance limitée à 1,2 % projetée pour la zone euro en 2026 — la recherche de juridictions africaines capables d’absorber ces enveloppes de manière crédible constitue un enjeu immédiat.

En clôture de son intervention, Gnassingbé a appelé à une « nouvelle grammaire du partenariat » Europe-Afrique, articulée autour d’une logique de résilience partagée plutôt que d’aide unilatérale — une position qui vaut, selon lui, autant pour le Togo que pour l’ensemble des économies sahéliennes dépendantes de ses infrastructures portuaires.

A.S.

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