Énergie : la Côte d’Ivoire et l’Algérie signent un accord-cadre incluant une centrale de 1 500 MW et des groupes mobiles de 100 MW en urgence

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La Côte d’Ivoire et l’Algérie ont signé mardi 30 juin à Abidjan un accord-cadre de coopération dans les secteurs de l’énergie et des énergies renouvelables. Le texte, signé par les ministres de l’Énergie des deux pays, Mamadou Sangafowa-Coulibaly et Mourad Adjal, combine des mesures d’urgence pour stabiliser le réseau ivoirien et des projets industriels à long terme.

100 MW de capacité mobile en réponse immédiate, lignes 225 et 400 kV prévues

Sur le volet immédiat, l’accord prévoit le déploiement de groupes mobiles pour une capacité additionnelle de 100 MW, la modernisation des infrastructures de transport et de distribution avec la construction de lignes à haute tension de 225 kV et 400 kV, ainsi que l’approvisionnement en équipements critiques pour le réseau. Ces mesures répondent aux tensions opérationnelles actuelles d’un système électrique sous pression — la demande progresse d’environ 10 % par an sous l’effet de la croissance économique et démographique.

Une centrale de 1 500 MW fabriquée en Algérie

À plus long terme, les deux pays envisagent l’acquisition d’unités de production fabriquées en Algérie dans le cadre d’un projet de centrale électrique de 1 500 MW en Côte d’Ivoire — une infrastructure d’envergure qui viendrait compléter la centrale à cycle combiné de 372 MW de Songon, dont les accords financiers ont été signés début juin. Le partenariat intègre également un programme de formation et de transfert de compétences au profit des ingénieurs ivoiriens, ainsi que des perspectives d’implantation d’unités de fabrication de matériels électriques et de plateformes régionales de distribution d’équipements énergétiques.

Un double intérêt : sécurité énergétique pour Abidjan, débouchés industriels pour Alger

Pour la Côte d’Ivoire, cet accord s’inscrit dans une stratégie d’accumulation de capacités face à une demande qui ne faiblit pas. Le Plan directeur de production-transport vise 5 127 MW installés en 2030 — contre 3 019 MW en 2024 — et 8 604 MW à l’horizon 2040, avec un objectif de 45 % d’énergies renouvelables dans le mix. Les autorités explorent également les petits réacteurs modulaires (SMR) pour diversifier les options de long terme.

Pour l’Algérie, l’accord ouvre un débouché commercial et industriel en Afrique de l’Ouest, dans une logique de coopération Sud-Sud qui lui permet de valoriser son expertise et sa capacité de production d’équipements énergétiques — un positionnement économique et diplomatique cohérent avec ses ambitions régionales.

Y.H.

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