Nigeria : Abuja lance un fonds agricole de 500 millions de dollars pour reconvertir le Delta du Niger au-delà du pétrole

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Le vice-président nigérian Kashim Shettima a officiellement lancé mercredi 15 juillet à Abuja le Fonds d’investissement agricole du Delta du Niger, un véhicule commercial orienté vers le rendement qui vise à mobiliser jusqu’à 500 millions de dollars pour financer des projets agricoles dans les neuf États du sud du pays. Banque mondiale, BAD, Banque islamique de développement et BERD figurent parmi les partenaires techniques et financiers dont les engagements seront coordonnés autour du fonds, aux côtés d’investisseurs privés et commerciaux.

Aquaculture, huile de palme, manioc, cacao : les filières ciblées

Le fonds cible plusieurs chaînes de valeur dont l’aquaculture, l’huile de palme, le manioc, le cacao, le riz, l’horticulture et l’élevage — des filières adaptées à une région que le FIDA décrit comme possédant la plus forte concentration de forêts tropicales humides, de cultures pérennes et de ressources aquatiques au Nigeria. Le potentiel est réel : les États d’Abia, Akwa Ibom, Bayelsa, Cross River, Rivers et leurs voisins disposent d’atouts naturels considérables, notamment pour les cultures de racines, tubercules et céréales, ainsi que pour la pisciculture.

Diversifier une région qui produit 90 % du pétrole nigérian

L’enjeu économique est structurel. Le Delta du Niger fournit environ 90 % du pétrole produit au Nigeria, mais cette concentration des revenus autour des hydrocarbures a progressivement marginalisé les activités agricoles traditionnelles depuis les années 1950. La région paie par ailleurs un lourd tribut environnemental à plusieurs décennies d’exploitation pétrolière : dégradation des sols, pollution des eaux, pression sur la biodiversité — autant de facteurs qui compliquent la restauration d’une économie agricole productive.

Des engagements à convertir en projets bancables

Le principal défi sera de transformer les 500 millions de dollars annoncés en investissements effectivement décaissés. Le Delta du Niger cumule des contraintes structurelles bien documentées : accès limité à la terre et au crédit, débouchés commerciaux insuffisants, infrastructures déficientes et gouvernance complexe dans une région marquée par des tensions persistantes. Pour les investisseurs institutionnels et privés, la capacité du fonds à surmonter ces obstacles — et à produire les rendements promis par un véhicule commercial — sera déterminante avant tout engagement significatif.

Y.H.

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