Paiements transfrontaliers : la BCEAO prépare un pilote de six mois avec le PAPSS, associant plus de 80 banques de l’UEMOA

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La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) prépare une phase pilote de six mois avec le système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), associant plus de 80 banques commerciales de l’UEMOA. Les accords sont en cours de finalisation, selon Massi Lawson, adjoint au directeur des systèmes et moyens de paiement de la BCEAO, qui s’exprimait mardi 21 juillet lors du Séminaire des journalistes économiques de l’UMOA à Dakar. La date de démarrage du pilote n’a pas encore été communiquée.

Point notable : la BCEAO entrera dans le dispositif comme observateur, et non comme participant. Il s’agira pour elle de vérifier que le PAPSS respecte la réglementation en vigueur dans l’Union avant tout engagement plus formel — une posture prudente qui situe le projet à un stade exploratoire, malgré l’ampleur du panel bancaire mobilisé.

PAPSS : des règlements en monnaies africaines en moins de deux minutes

Conçu par Afreximbank avec l’Union africaine et le secrétariat de la ZLECAf, le PAPSS permet à deux entreprises africaines de régler une transaction dans leurs monnaies respectives sans transiter par le dollar ou l’euro, et sans recourir aux banques correspondantes hors du continent — un circuit qui alourdit aujourd’hui les délais et les coûts des échanges intra-africains. Lancé commercialement en janvier 2022, le système relie désormais 28 pays africains, plus de 190 banques et fintechs, avec des règlements effectués en moins de deux minutes selon la plateforme.

La BEAC a signé une adhésion pleine, la BCEAO reste en observation

L’initiative de la BCEAO intervient quelques jours après l’adhésion officielle de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) au PAPSS, formalisée le 9 juillet. L’intégration effective des banques de la CEMAC est attendue d’ici fin 2026. Les deux banques centrales n’avancent pas au même rythme : là où la BEAC a signé une participation pleine, la BCEAO maintient une posture d’évaluation. Cet écart de positionnement reflète une approche différenciée vis-à-vis de la souveraineté monétaire et de la compatibilité du PAPSS avec les cadres réglementaires respectifs.

Un socle domestique encore en cours de déploiement

La BCEAO aborde ce dossier avec une infrastructure régionale récente dont le déploiement se poursuit. La plateforme PI-SPI, lancée en septembre 2025, comptait 80 participants connectés au 24 juin 2026, avec 74 institutions encore en phase de test. La date limite de connexion pour les banques et établissements de paiement, initialement fixée au 30 juin, a été repoussée au 30 septembre — signal que la consolidation du système domestique reste une priorité avant tout élargissement panafricain.

Y.H.

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