BCEAO : l’inflation revient vers 2 % en 2026 après une année 2025 à zéro, portée par la hausse des prix pétroliers liés au conflit au Moyen-Orient

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L’inflation dans l’UEMOA, tombée à zéro en moyenne annuelle en 2025 après 3,5 % en 2024, devrait revenir vers la cible de 2 % cette année. C’est ce qu’a annoncé mercredi le gouverneur de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest, Jean-Claude Kassi Brou, lors de la présentation à Dakar du rapport annuel 2025 de l’institution.

Le choc pétrolier du Moyen-Orient, moteur de la remontée

Le gouverneur attribue ce retour des pressions inflationnistes au conflit déclenché au Moyen-Orient en février, qui a provoqué une envolée des cours pétroliers. Le baril de Brent est passé de 72 dollars le 27 février à plus de 103 dollars le 13 mars — une hausse de 42 % — avant d’évoluer autour de 106 dollars fin juin en raison des perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz. « Dans certains pays, il y a eu des hausses des prix des produits pétroliers à la pompe dès avril 2026 », a indiqué Brou. « On voit l’inflation qui commence à remonter lentement, mais sûrement. Pour le moment, ce n’est pas encore trop grave, parce que nous étions à zéro. »

Une désinflation de 2025 portée par quatre facteurs

Le niveau nul d’inflation en 2025 — en dessous du plancher de la fourchette cible de la BCEAO fixée à 2 % avec une marge d’un point — résulte selon le gouverneur de quatre moteurs convergents : les effets différés du resserrement monétaire mené entre 2022 et 2023 (cinq hausses du taux directeur de 2 % à 3,50 %), la baisse des prix des produits alimentaires importés, le repli des produits énergétiques importés et deux campagnes agricoles favorables en 2024 et 2025. En 2025, le différentiel d’inflation entre l’UEMOA et ses principaux partenaires commerciaux a été favorable à l’Union de 5 points de pourcentage.

Un retour à la cible qui préserve le pouvoir d’achat

La BCEAO retient une projection de 2,0 % pour 2026 dans son rapport annuel, document qui tablait toutefois sur un recul des cours pétroliers de 2,1 % sur l’année — une hypothèse démentie par les événements géopolitiques. Pour le gouverneur Brou, la cible de 2 % n’est pas un arbitraire technique : « Une inflation trop élevée érode le pouvoir d’achat des revenus faibles et donc ça accroît la pauvreté », a-t-il affirmé, rappelant que l’inflation avait culminé à 8,8 % dans l’Union lors du pic du cycle précédent.

Y.H.

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