Voici l’article réécrit selon la ligne éditoriale d’Affaires & Entreprises :
Côte d’Ivoire : l’APROMAC lance la construction d’une Académie des Métiers de l’Hévéa à Agboville, cap sur la deuxième transformation
L’Association des professionnels du caoutchouc naturel de Côte d’Ivoire (APROMAC) a lancé le 24 juillet à Ahouakro, dans le département d’Agboville, les travaux de construction de l’Académie des Métiers de l’Hévéa. Ce centre d’excellence sera dédié à la formation, à la recherche et à l’innovation au service de la filière hévéa. Les détails concernant le coût, le mode de financement, la capacité d’accueil et les formations proposées n’ont pas encore été communiqués.
Un tournant stratégique : la première transformation est saturée
Ce projet intervient dans un contexte de mutation profonde de la filière. Après des années d’investissements dans les capacités de première transformation — qui convertit le latex brut en caoutchouc naturel solide —, le secteur fait face à une saturation. En juin 2025, le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco a décidé de ne plus accorder de nouvelles autorisations d’installation ou d’extension d’usines de première transformation, estimant les capacités existantes suffisantes pour absorber la production nationale.
L’enjeu est désormais de passer à l’étape suivante : la deuxième transformation — fabrication de pneus, produits techniques et autres applications industrielles — ainsi que la valorisation des sous-produits de l’hévéa comme les graines pour les biocarburants ou les déchets agricoles pour la bioénergie.
3,3 milliards de dollars d’exportations, mais l’essentiel de la valeur ajoutée capté ailleurs
La Côte d’Ivoire a exporté près de 2 millions de tonnes de caoutchouc naturel en 2025, générant 3,3 milliards de dollars de recettes selon Trade Map — une performance qui en fait le troisième producteur mondial derrière la Thaïlande et l’Indonésie. Pourtant, l’essentiel de la valeur ajoutée de la filière mondiale est capté par les transformateurs situés en Asie ou en Europe, qui achètent le caoutchouc ivoirien pour le convertir en produits finis.
Développer la deuxième transformation exige une main-d’œuvre qualifiée dans des domaines techniques — transformation industrielle, qualité, maintenance, innovation — que la filière ne dispose pas encore en quantité suffisante. C’est précisément ce déficit que l’Académie des Métiers de l’Hévéa vise à combler. « Après avoir relevé le défi de la production, puis celui de la première transformation, nous devons maintenant réussir celui de l’industrialisation de la filière », a déclaré le ministre de l’Agriculture Bruno Koné lors du lancement des travaux.
Y.H.




