Sénégal : l’État lance un contrôle massif des minibus pour enrayer l’insécurité routière

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Face à une recrudescence des accidents impliquant le transport collectif artisanal, le Sénégal engage une série de mesures destinées à assainir un segment clé de la mobilité urbaine. Le ministère des Transports terrestres a annoncé, le 3 février, un dispositif d’envergure ciblant les minibus de 12 à 19 places, un parc estimé à 6 886 véhicules affichant un âge moyen de 24 ans, révélateur d’une vétusté chronique.

La mesure centrale consiste en un rappel obligatoire de tous ces minibus à Dakar, sur une période de deux mois, pour un contrôle technique approfondi. Les véhicules jugés conformes seront autorisés à poursuivre leur activité, tandis que les autres seront immobilisés ou soumis à des mises aux normes immédiates. L’objectif est de réduire les risques mécaniques, souvent identifiés parmi les causes d’accidents graves.

Au-delà de la dimension technique, le gouvernement veut également s’attaquer aux pratiques d’exploitation. Plusieurs axes d’action sont annoncés : lutte renforcée contre la surcharge, obligation d’aménager des espaces bagages intérieurs, fréquentation obligatoire des gares routières légales, intensification des contrôles routiers, déploiement de la vidéo-verbalisation et installation de balises GPS pour limiter les excès de vitesse. Un renouvellement progressif du parc automobile est également prévu.

Cette situation dépasse largement les frontières sénégalaises. Dans plusieurs capitales et grandes villes d’Afrique de l’Ouest, des flottes vieillissantes opérées par des privés constituent une part importante du transport collectif, avec des conséquences fréquentes sur la sécurité routière. À Lagos, les minibus jaunes emblématiques, les « Danfo », sont régulièrement pointés du doigt pour leur implication dans les accidents liés à la vitesse excessive, à la surcharge ou à des infractions répétées au Code de la route.

En mars 2025, le district d’Abidjan a ainsi interdit la circulation intra-urbaine des minibus « Gbaka » dans le cadre d’une réorganisation du transport collectif. Si ces initiatives visent à renforcer la sécurité publique, elles soulèvent aussi des enjeux économiques et sociaux sensibles : réduction temporaire de l’offre, pressions tarifaires possibles pour les usagers les plus vulnérables, ou encore fragilisation des opérateurs artisanaux qui dépendent de ces activités pour leur subsistance.

Pour Dakar comme pour les autres métropoles régionales, l’équation reste donc délicate : moderniser, sécuriser et réguler, tout en préservant l’accès des populations à une offre de transport abordable.

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