Or artisanal : Burkina Faso & Ghana montrent les premiers résultats de leurs réformes

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Longtemps considéré comme le maillon faible des filières aurifères ouest-africaines, l’or artisanal (ASM) connaît depuis peu une transformation profonde. Plusieurs pays producteurs ont engagé des réformes visant à formaliser ce segment stratégique, traditionnellement marqué par l’informalité et les pertes fiscales. Et les premiers résultats commencent à se faire sentir.

Au Burkina Faso, la production nationale d’or a dépassé 94 tonnes en 2025, selon le ministre des Mines Yacouba Zabré Gouba, dont 42 tonnes issues du secteur artisanal. Une performance spectaculaire pour un segment qui n’avait déclaré que 8,1 tonnes en 2024. Après trois années consécutives de déclin de la production industrielle, cette remontée de l’or artisanal intervient dans un contexte où le pays cherche à diversifier et à sécuriser ses sources de revenus miniers.

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Cette progression est largement attribuée aux réformes adoptées ces dernières années, en particulier la création de la Société Nationale des Substances Précieuses (SONASP). L’institution est chargée d’acheter l’or artisanal et semi-mécanisé, afin de canaliser vers l’État des volumes jusque-là captés par la contrebande. L’objectif : mieux contrôler les flux, augmenter les recettes et structurer une filière longtemps livrée à elle-même.

Le Ghana suit une trajectoire similaire, avec quelques variantes. Depuis le 1er mai 2025, le GoldBod, régulateur unique et acheteur exclusif de l’or artisanal, centralise les achats, assure la réexportation et vise au moins 3 tonnes d’or artisanal par semaine. En 2025, l’institution a exporté 100 tonnes, générant 10 milliards USD de recettes. Ce résultat place l’or artisanal au cœur de la performance minière nationale : il représente près de la moitié des recettes d’exportation d’or, estimées à 20,9 milliards USD.

En 2024, la production artisanale du Ghana atteignait 59 tonnes (39 % de la production nationale). Les données de 2025 ne sont pas encore publiées, mais les exportations du GoldBod laissent entrevoir une hausse significative.

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Les deux pays ont aussi bénéficié d’un environnement favorable, en particulier des prix élevés de l’or en 2025 et début 2026, avec un métal se négociant à près de 5 000 USD l’once début février. Selon le ministre Gouba, cette dynamique contribue déjà à renforcer la part du secteur minier dans le PIB du Burkina Faso, même si aucune donnée chiffrée n’a encore été publiée.

Le défi, désormais, sera de maintenir la dynamique. Au Ghana, le GoldBod prépare déjà la suite : un projet pilote de traçabilité impliquant 600 sites artisanaux doit être lancé pour renforcer la transparence et limiter les exportations illicites. Au Burkina Faso, la SONASP devra poursuivre ses efforts de sécurisation des flux dans un contexte où l’informalité et l’insécurité persistent dans certaines zones minières.

D’autres pays producteurs, comme le Mali et la Côte d’Ivoire, afficheraient également une production artisanale notable, selon des sources concordantes dont l’ONG SWISSAID.

L’Afrique de l’Ouest cherche ainsi à transformer un segment longtemps perçu comme marginal en véritable levier stratégique. Les performances du Ghana et du Burkina Faso montrent que la formalisation de l’or artisanal, lorsqu’elle est dotée d’un cadre institutionnel solide, peut produire des résultats significatifs — à condition d’être maintenue et renforcée dans la durée.

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