Le projet de transporteur aérien au Bénin franchit une étape décisive. L’Agence nationale de l’aviation civile du Bénin (ANAC) a délivré, le 13 février 2026, un permis d’exploitation à Amazone Airlines, ouvrant la voie au lancement prochain de ses activités commerciales.
Selon les responsables de l’ANAC, l’autorisation intervient à l’issue d’un processus d’évaluation portant sur la conformité des procédures opérationnelles, la qualification du personnel navigant et technique ainsi que la mise en place d’un système de gestion de la sécurité conforme aux standards internationaux. À ce stade, ni la structure de l’actionnariat, ni la flotte initiale, ni le calendrier précis de démarrage des vols n’ont été rendus publics.
Un projet inscrit dans la stratégie de connectivité du pays
L’arrivée d’Amazone Airlines s’inscrit dans la volonté des autorités béninoises de renforcer la connectivité internationale et de soutenir les ambitions touristiques nationales. En mai 2025, le président Patrice Talon avait évoqué des discussions en vue de l’ouverture de liaisons directes avec le Qatar, plusieurs sources mentionnant alors une possible collaboration avec Qatar Airways.
Ce projet s’inscrit dans une ambition plus ancienne. Dès 2019, le gouvernement avait annoncé une prise de participation dans Bénin Airlines (ex-Air Taxi Bénin) afin de soutenir la création d’un pavillon national, initiative finalement restée sans lendemain.
Un transporteur national pourrait jouer un rôle structurant pour l’Aéroport international Cardinal Bernardin Gantin de Cotonou, notamment en alimentant le trafic régional et intercontinental. Le Bénin vise en effet plus de 2 millions de visiteurs étrangers par an dans le cadre de sa stratégie touristique, appuyée par des travaux d’extension engagés depuis 2019 pour accroître les capacités d’accueil de la plateforme aéroportuaire.
Un environnement africain toujours contraignant
Amazone Airlines devra néanmoins évoluer dans un environnement particulièrement concurrentiel. Le marché béninois est déjà desservi par des compagnies majeures telles que Ethiopian Airlines, Air France, Royal Air Maroc ou encore Brussels Airlines, auxquelles s’ajoutent des acteurs régionaux comme Air Côte d’Ivoire, Air Peace et ASKY Airlines.
Au-delà de la concurrence, le secteur aérien africain demeure structurellement fragile : coûts d’exploitation élevés, prix du carburant importants, fiscalité lourde, maintenance coûteuse et taux de remplissage inférieurs à la moyenne mondiale. En décembre 2025, le taux de remplissage en Afrique atteignait 73,4 %, contre 83,7 % au niveau mondial.
Dans ce contexte, la réussite d’Amazone Airlines dépendra autant de son modèle économique que de sa capacité à s’insérer dans les dynamiques régionales et à capter un trafic durablement rentable.




