Premier producteur et exportateur africain de gingembre, le Nigeria franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de création de valeur ajoutée. Le gouvernement fédéral, en partenariat avec l’État de Kaduna, a lancé un projet d’envergure visant à établir un pôle intégré de production et de transformation du gingembre dans la zone de gouvernement local de Kachia, épicentre national de la filière.
L’annonce a été faite le 23 février par le sénateur Sunday Katung, représentant Kaduna Sud, qui a précisé que l’investissement mobilisé s’élève à 40 milliards de nairas (environ 29,5 millions USD), financés à parts égales par Abuja et par les autorités locales.
Un futur hub continental de la transformation du gingembre
Selon les premières indications relayées par la presse nigériane, ce pôle industriel est appelé à devenir le plus grand centre de transformation du gingembre en Afrique. Les détails techniques n’ont pas encore été dévoilés, mais l’ambition est claire :
- accroître les capacités nationales de transformation ;
- réduire les pertes post-récolte ;
- stimuler les exportations de produits à haute valeur ajoutée ;
- et renforcer les revenus des producteurs.
« Ce projet ne concerne pas seulement le gingembre ; il concerne aussi l’emploi, l’industrialisation rurale, la création de richesse et le rétablissement de l’espoir dans nos communautés agricoles », a déclaré Sunday Katung. « Nos agriculteurs passeront de la vente de produits bruts à la valorisation, la transformation et l’exportation. »
Une filière stratégique encore peu transformée
Si le Nigeria domine largement la production africaine, la chaîne de valeur demeure encore très peu intégrée.
Les données de Trade Map indiquent que le pays a exporté en moyenne 33 824 tonnes de gingembre brut par an entre 2021 et 2023, pour une valeur annuelle de 18,1 millions USD — des volumes importants, mais dont la faible transformation limite les gains économiques.
Or, le potentiel productif est considérable. En 2024, le NAERLS (National Agricultural Extension and Research Liaison Services) évaluait la production nationale à 727 633 tonnes, dont 75,54 % proviennent de l’État de Kaduna, véritable cœur de la filière.
Industrialisation rurale et montée en gamme
Le nouveau pôle industriel de Kachia vise ainsi à consolider cette position dominante en structurant un écosystème complet : infrastructures de transformation, chaînes logistiques, formation, partenariats public-privé et intégration accrue des producteurs.
Cette initiative s’inscrit dans la stratégie nationale visant à :
- stimuler la transformation agro-industrielle ;
- renforcer les exportations non pétrolières ;
- dynamiser l’emploi rural ;
- et accroître la résilience économique des filières agricoles.




