Burkina Faso : lancement d’une unité industrielle majeure dédiée à la transformation de la pomme de terre à Ouahigouya

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Le gouvernement burkinabè a lancé, le jeudi 27 février, la construction d’une nouvelle unité industrielle de transformation de la pomme de terre à Ouahigouya (région du Yatenga), un projet stratégique aligné sur la politique nationale de souveraineté alimentaire.

Développé par la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso (CCI-BF) et porté par la Société de Commercialisation et de Transformation de Produits Agricoles (SOCOTRA SA), le projet représente un investissement de 3,5 milliards FCFA (6,3 millions USD).

Une usine de transformation et la plus grande chambre froide du pays

Installée sur un site de 3 hectares, la future infrastructure comprendra :

  • une unité de production de chips et de frites surgelées, avec une capacité initiale de 350 tonnes par an ;
  • une chambre froide d’une capacité de 5 000 tonnes par an, extensible à 10 000 tonnes dans une seconde phase.

Les travaux devraient durer 8 mois, selon le ministère burkinabè de l’Industrie.

Pour Serge Gnaniodem Poda, ministre de l’Industrie, cette infrastructure constitue un levier essentiel pour soutenir les producteurs locaux :

« Cette chambre froide, la plus grande du pays, offrira de nouveaux débouchés et boostera résolument la filière pomme de terre grâce à la transformation industrielle. »

Un enjeu stratégique pour réduire la dépendance aux importations

La filière pomme de terre, l’une des principales cultures maraîchères du pays (avec la tomate), est confrontée à un déséquilibre persistant entre l’offre locale et la demande nationale.

D’après la FAO :

  • La production burkinabè a plafonné à 33 285 tonnes par an en moyenne entre 2020 et 2024.
  • Les imports de pommes de terre surgelées ont explosé, passant de 37 tonnes en 2020 à 1 225 tonnes en 2024, avec un pic à 2 513 tonnes en 2023.
  • Les importations de pommes de terre fraîches, bien qu’en baisse de 30 % sur la même période, restent élevées à 10 686 tonnes en 2024.

Cette dynamique crée une forte pression sur la balance commerciale alimentaire et confirme l’intérêt de soutenir la transformation locale.

Un levier pour la souveraineté alimentaire et l’industrialisation

Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale visant à :

  • structurer des chaînes de valeur locales,
  • réduire la dépendance aux importations agroalimentaires,
  • accroître les revenus des producteurs,
  • favoriser l’industrialisation des régions, objectifs réaffirmés par le gouvernement de transition.

Avec cette unité, Ouahigouya devient un pôle agro-industriel stratégique, susceptible d’attirer d’autres investissements dans la transformation des produits agricoles.

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