Sénégal : une nouvelle minoterie de 500 tonnes par jour renforce les capacités de transformation du blé

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Au Sénégal, la transformation du blé continue de se développer sous l’effet d’une demande croissante pour les produits dérivés de cette céréale. Dans ce contexte, l’entreprise marocaine d’ingénierie industrielle REMORA, spécialisée dans l’installation et le montage d’unités agroindustrielles, a annoncé le 27 février avoir finalisé la construction d’un nouveau moulin à farine de blé dans le pays.

Selon un communiqué publié par l’entreprise, cette nouvelle unité industrielle dispose d’une capacité de transformation de 500 tonnes de blé par jour. L’identité du promoteur du projet n’a pas encore été rendue publique. Néanmoins, la mise en service de cette minoterie devrait contribuer à renforcer les capacités nationales de production de farine de blé, dans un marché local en forte expansion.

Une demande en forte croissance

Le Sénégal figure aujourd’hui parmi les principaux marchés ouest-africains pour le blé importé. Le pays est actuellement le troisième importateur de blé en Afrique de l’Ouest, derrière le Nigeria et le Ghana.

Deuxième céréale la plus consommée après le riz, le blé occupe une place de plus en plus importante dans les habitudes alimentaires des ménages sénégalais. Il est principalement consommé sous forme de pain, pâtisseries, semoule ou pâtes alimentaires.

Cette évolution se reflète dans la consommation par habitant. Selon les données officielles, la consommation annuelle de blé est passée de 27 kg par personne en 2002 à 42 kg en 2020.

Comme dans la majorité des pays de la région, la production locale de blé reste quasi inexistante au Sénégal. La demande est donc entièrement satisfaite par les importations.

Des importations en hausse

Les statistiques de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) montrent que les importations de froment (blé tendre) ont progressé de manière significative ces dernières années. Elles sont passées de 693 996 tonnes en 2020 à 904 947 tonnes en 2024, soit une augmentation de 30,3 % en cinq ans.

Parallèlement, la facture associée à ces importations a fortement augmenté, atteignant 171,37 milliards de FCFA (environ 303,5 millions de dollars), soit une hausse de 55,24 % sur la même période.

Ces volumes sont principalement transformés par une dizaine de minoteries présentes dans le pays. Parmi les principales figurent les Grands Moulins de Dakar, les Grands Moulins du Sahel, MS, FKS, NMA et Olam, qui dominent le segment de la transformation du blé en farine.

Un potentiel à l’exportation dans la sous-région

Si l’essentiel de la production de farine est destiné au marché intérieur, une partie est également exportée vers les pays voisins d’Afrique de l’Ouest. Selon l’ANSD, l’industrie sénégalaise a expédié en moyenne 13 861 tonnes de farine de blé tendre par an entre 2020 et 2023, avec un pic de 29 249 tonnes en 2021.

Les recettes d’exportation se sont établies à 3,86 milliards de FCFA en moyenne sur la période, avec un maximum de 7,7 milliards de FCFA en 2021.

Dans ce contexte, l’augmentation des capacités de transformation pourrait non seulement répondre à la croissance de la demande intérieure, mais aussi renforcer le positionnement du Sénégal comme hub régional de transformation et d’exportation de farine de blé en Afrique de l’Ouest.

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