Au Sénégal, où le riz constitue la principale céréale consommée, les autorités cherchent à renforcer la place de la production nationale sur le marché intérieur. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé l’octroi d’une subvention de 50 francs CFA par kilogramme pour l’achat de riz produit localement, une mesure entrée en vigueur le 5 mars.
Selon les autorités, cette initiative vise à faciliter l’intégration du riz local dans les circuits commerciaux et à améliorer sa compétitivité face aux importations, qui dominent largement la consommation nationale.
L’Agence de Régulation des Marchés (ARM) estime que cette subvention pourrait contribuer à rééquilibrer le marché. L’institution considère en effet cette mesure comme un levier permettant à la fois de stabiliser les prix pour les consommateurs et d’assurer une meilleure rémunération aux producteurs locaux.
Une série de mesures pour promouvoir le riz national
Cette décision s’inscrit dans un ensemble d’initiatives prises récemment par les autorités pour soutenir la filière rizicole. Le 26 février, le Premier ministre Ousmane Sonko avait déjà recommandé aux administrations publiques, aux établissements d’État et aux agences sous tutelle ministérielle de privilégier systématiquement l’achat de riz produit au Sénégal.
L’objectif est de créer des débouchés supplémentaires pour les producteurs nationaux en mobilisant la commande publique.
Quelques mois plus tôt, en novembre 2025, le ministère de l’Industrie et du Commerce avait également décidé, en concertation avec les acteurs de la filière, de suspendre pendant un mois la délivrance des Déclarations d’Importation de Produits Alimentaires (DIPA) pour le riz, afin de mieux réguler le marché.
Des stocks locaux difficiles à écouler
Ces différentes mesures interviennent dans un contexte de tension pour les producteurs locaux, qui rencontrent des difficultés à écouler leurs récoltes face à la concurrence du riz importé, souvent perçu comme moins cher et parfois de meilleure qualité.
En octobre 2025, des producteurs du département de Dagana, dans la vallée du fleuve Sénégal, avaient alerté sur le risque que près de 195 000 tonnes de riz paddy et usiné issues de la campagne 2025 restent invendues.
Une dépendance persistante aux importations
Malgré les efforts visant à renforcer la production nationale, le Sénégal continue de dépendre largement des importations pour satisfaire sa consommation. Selon les données du United States Department of Agriculture (USDA), le pays a importé 1,6 million de tonnes de riz blanchi au cours de la campagne 2024/2025, soit une hausse de 23 % par rapport à la campagne 2022/2023.
Les projections pour la campagne 2025/2026 indiquent que les importations pourraient atteindre 1,7 million de tonnes.
Dans ce contexte, la réussite des politiques publiques visant à promouvoir le riz local dépendra notamment de l’amélioration de la compétitivité, de la qualité et de la distribution du produit national, afin de réduire progressivement la dépendance du pays aux marchés internationaux.




