La Côte d’Ivoire a officiellement ouvert la campagne intermédiaire 2025-2026 du cacao avec un prix garanti bord champ fixé à 1 200 FCFA le kilogramme pour les fèves « bien triées, bien fermentées et bien séchées ». L’annonce a été faite le 4 mars 2026 à Abidjan par le ministre de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, Bruno Nabagné Koné.
Lors d’une conférence de presse tenue au siège du Conseil du Café-Cacao, le ministre a précisé que cette décision a été arbitrée le même jour en Conseil des ministres par le président Alassane Ouattara.
Une ouverture anticipée de la campagne
La première annonce des autorités a porté sur l’ouverture anticipée de la campagne intermédiaire, motivée par les effets du changement climatique sur le calendrier agricole. Selon Bruno Koné, plusieurs zones de production ont enregistré des récoltes précoces cette année.
Cette situation a conduit les autorités à avancer la date d’ouverture afin de permettre aux producteurs de commercialiser rapidement leurs fèves. Le ministre a également souligné que les producteurs eux-mêmes avaient exprimé ce souhait, notamment pour disposer de ressources financières avant la rentrée scolaire.
Un prix fixé malgré la chute des cours internationaux
La fixation du prix bord champ intervient dans un contexte marqué par un effondrement des cours internationaux du cacao observé depuis décembre 2025, avec une baisse estimée à près de 70 %.
Malgré cette évolution défavorable du marché mondial, les autorités ivoiriennes ont rappelé que plus de 1,5 million de tonnes de cacao ont déjà été payées aux producteurs au prix record de 2 800 FCFA/kg, fixé pour la campagne principale 2025-2026.
Le ministre a également rappelé que depuis la réforme du secteur intervenue en 2011, la Côte d’Ivoire applique un mécanisme de stabilisation garantissant au moins 60 % du prix CAF aux producteurs.
Les simulations réalisées par le Conseil du Café-Cacao indiquaient qu’avec un prix international estimé à 1 578 FCFA/kg, l’application stricte du mécanisme aurait conduit à un prix bord champ d’environ 947 FCFA/kg.
Une subvention de l’État pour soutenir les producteurs
Face à cette situation, les autorités ont choisi de fixer un prix supérieur à ce niveau théorique afin de préserver les revenus des planteurs.
« Le président de la République, toujours soucieux du bien-être de nos parents paysans, a tenu à ce que ce prix soit supérieur à 1 000 FCFA », a indiqué le ministre.
Le gouvernement a ainsi retenu un prix de 1 200 FCFA/kg, une décision qui représente un effort budgétaire estimé à 231,247 milliards FCFA pour l’État.
Cette mesure vise à maintenir un niveau de revenu acceptable pour les producteurs, tout en tenant compte de la forte volatilité actuelle du marché international du cacao, dont la Côte d’Ivoire demeure le premier producteur mondial.




