L’opérateur portuaire SEA‑Invest renforce ses capacités logistiques en Côte d’Ivoire afin d’anticiper la croissance attendue des flux de vrac minier en Afrique de l’Ouest. Concessionnaire du terminal minéralier du Port autonome d’Abidjan, le groupe a engagé un programme d’investissement d’environ 20 milliards de francs CFA (près de 35 millions de dollars) destiné à moderniser ses installations et à améliorer la manutention des vracs minéraux.
Cette initiative intervient dans un contexte marqué par l’expansion des projets miniers en Afrique de l’Ouest, une dynamique susceptible d’accroître significativement les volumes de matières premières transitant par le port d’Abidjan. L’objectif pour l’opérateur est de se positionner sur cette croissance attendue du trafic, en particulier dans le segment des vracs miniers.
Le programme d’investissement prévoit notamment l’acquisition de deux nouvelles barges de plus grande capacité, ainsi que deux trémies équipées d’un système de captation de poussière, destinées au déchargement de matières premières utilisées par l’industrie cimentière. Une première série d’équipements a déjà été livrée, comprenant notamment de nouvelles grues portuaires dont le coût est estimé à environ 8 milliards de francs CFA. Ces équipements doivent renforcer les opérations de chargement et de déchargement des navires transportant des vracs tels que le gypse, le calcaire ou encore le clinker.
Au-delà de l’amélioration des infrastructures portuaires, cet investissement s’inscrit dans une dynamique plus large de croissance du secteur minier ivoirien. Au cours de la dernière décennie, la contribution des activités minières au produit intérieur brut du pays est passée d’environ 1 % à près de 5 %, tandis que le secteur représente aujourd’hui près de 13 % des exportations nationales.
Le positionnement de SEA-Invest vise également à capter une partie des flux miniers provenant de pays voisins. Le Mali, en particulier, se profile comme un futur exportateur important de lithium. Plusieurs compagnies opérant dans ce pays sahélien enclavé préparent en effet la mise en exploitation de leurs projets miniers et envisagent d’utiliser le port d’Abidjan comme principale porte de sortie maritime pour leurs expéditions.
Dans cette perspective, le groupe chinois Ganfeng Lithium, qui a commencé les exportations de concentré de lithium entre mai et juin 2025, a déjà indiqué avoir choisi le port ivoirien comme hub logistique pour ses flux.
Depuis 2009, SEA-Invest exploite deux terminaux au port d’Abidjan — un terminal fruitier et un terminal minéralier — dans le cadre d’une convention de concession. Ce partenariat s’inscrit dans la stratégie ivoirienne visant à moderniser et étendre ses capacités portuaires, afin d’accompagner la croissance des échanges commerciaux et le développement des activités industrielles et minières dans la région.




