La Côte d’Ivoire renforce sa stratégie d’exploration offshore avec un nouvel investissement dans la donnée géologique. Objectif : réduire le risque pétrolier, affiner la connaissance du sous-sol et attirer davantage d’opérateurs internationaux.
Le 14 avril, le spécialiste des données énergétiques TGS a annoncé le lancement d’un programme de relevés sismiques couvrant près de 19 500 km² au large des côtes ivoiriennes. Le projet est mené en collaboration avec PETROCI et la Direction générale des hydrocarbures.
Au cœur de cette initiative, une approche technologique visant à optimiser les investissements d’exploration. La méthode dite « 2D-Cubed » permet de convertir des données sismiques 2D existantes en modèles tridimensionnels du sous-sol. Une solution qui offre une meilleure lecture géologique tout en limitant le recours à de nouvelles campagnes offshore, plus coûteuses.
Le programme s’appuie sur un important stock de données collectées entre 2006 et 2014, retraitées en 2024 grâce à des techniques avancées d’imagerie, dont le Pre-Stack Depth Migration. Au total, environ 14 800 km de lignes sismiques ont été intégrées, constituant une base d’analyse structurante pour les futurs travaux d’exploration.
Pour les autorités ivoiriennes et leurs partenaires, l’enjeu est clair : améliorer l’identification des systèmes pétroliers, notamment ceux du Crétacé, et localiser plus précisément les pièges géologiques susceptibles de contenir des hydrocarbures. Une étape clé pour renforcer la qualité des données mises à disposition des investisseurs.
Les résultats sont attendus au troisième trimestre 2026. Ils seront commercialisés auprès des compagnies pétrolières selon un modèle multiclient, un mécanisme largement utilisé pour préparer les cycles d’attribution de blocs et stimuler la concurrence entre opérateurs.
Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus globale de valorisation du potentiel offshore ivoirien. À ce stade, aucun nouveau cycle d’attribution de licences n’a été officiellement annoncé, mais les autorités poursuivent activement les travaux sur les blocs existants.
Dans un contexte de montée en puissance du secteur, Abidjan affiche des ambitions élevées. La production nationale pourrait atteindre 200 000 barils par jour d’ici 2030, puis 500 000 barils à l’horizon 2035, portée notamment par les découvertes majeures de Baleine et Calao.
En misant sur la qualité de la donnée et la réduction du risque en amont, la Côte d’Ivoire cherche ainsi à consolider sa position comme nouvelle frontière pétrolière en Afrique de l’Ouest.




