Togo : une pression fiscale encore limitée face aux ambitions budgétaires à moyen terme

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Au Togo, la mobilisation des ressources publiques reste un défi structurel. En 2025, la pression fiscale est estimée à 13,1 % du PIB, un niveau nettement inférieur à la norme de 20 % fixée au sein de l’Union économique et monétaire ouest-africaine.

Cette situation intervient alors que le pays engage les travaux de cadrage budgétaire à moyen terme (CBMT) pour la période 2027-2029, un exercice stratégique destiné à renforcer la planification des finances publiques et à aligner les politiques économiques avec les ressources disponibles.

Un outil de pilotage budgétaire renforcé

Selon les autorités, le CBMT vise à projeter sur trois ans l’évolution des recettes, des dépenses, du déficit et de la dette. « Il offre une vision stratégique et garantit une cohérence intertemporelle entre nos politiques publiques et les moyens financiers disponibles », a expliqué Akou Mawussé Afidenyigba, représentante du ministère des Finances et du Budget.

Cet outil doit notamment permettre de simuler différentes trajectoires de la dette et d’identifier les marges d’investissement compatibles avec la soutenabilité budgétaire, dans le cadre de la feuille de route nationale 2026-2031.

Des marges de manœuvre encore contraintes

Malgré une croissance économique attendue à 6,2 % en 2025 et une inflation maîtrisée autour de 0,4 %, les finances publiques restent sous pression. Le poids du service de la dette limite les capacités d’investissement, dans un contexte où les besoins en financement des politiques publiques demeurent élevés.

Pour y faire face, les autorités misent sur plusieurs leviers : élargissement de l’assiette fiscale sans hausse des taux, digitalisation des administrations pour améliorer le recouvrement, et maîtrise des dépenses, notamment salariales, qui représentent environ 7 % du PIB.

Les investissements publics se maintiennent autour de 6,6 % du PIB, soit près de 458 milliards FCFA. L’enjeu consiste désormais à orienter ces ressources vers des projets à fort impact économique.

Une dynamique de mobilisation en progression

Malgré ces contraintes, les performances récentes traduisent une amélioration de la collecte. Portées par l’action de l’Office togolais des recettes, les recettes fiscales et douanières ont atteint 990,1 milliards FCFA en 2023 (+14,5 %), puis 1098 milliards FCFA en 2024, franchissant pour la première fois le seuil symbolique des 1000 milliards.

Trois priorités pour 2027-2029

Le cadrage budgétaire à moyen terme s’articule autour de trois axes majeurs : le renforcement de la sécurité et des filets sociaux, la consolidation de la cohésion nationale via la décentralisation, et la transformation économique à travers des investissements ciblés dans les infrastructures, l’agriculture, la logistique et le numérique.

Dans cette perspective, les autorités entendent instaurer une sélection plus rigoureuse des projets publics, conditionnée à la disponibilité d’études techniques solides et de financements identifiés, afin d’améliorer l’efficacité de la dépense et préserver les équilibres macroéconomiques.

A.S.

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