Côte d’Ivoire : le gouvernement veut faciliter l’accès aux smartphones en zone rurale pour combler l’écart entre couverture réseau et usage effectif

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Le ministre de la Transition numérique et de l’Innovation technologique, Djibril Ouattara, a annoncé la semaine dernière, lors d’un « Gouv’Talk », un projet visant à faciliter l’accès aux smartphones en milieu rural ivoirien. L’objectif est de lever l’un des principaux freins à l’adoption du numérique sur le continent : le coût des terminaux, plus que la disponibilité du réseau.

Un paradoxe ivoirien : 93,7 % de couverture 4G, 60 % sans accès Internet

L’écart est révélateur. Selon l’Union internationale des télécommunications, la 4G couvrait au moins 93,7 % de la population ivoirienne en 2024, alors qu’environ 60 % de la population n’avait pas encore accès à Internet la même année. Pour la GSMA, l’incapacité à acquérir un terminal compatible reste l’un des principaux obstacles à l’adoption du numérique dans les zones déjà couvertes — un constat qui persiste malgré la multiplication de terminaux à moins de 100 dollars, encore hors de portée pour une large partie de la population.

L’initiative s’inscrit dans un ensemble plus vaste de mesures destinées à étendre l’accès au haut débit : déploiement prochain de la 5G, autorisation accordée à Starlink pour fournir de l’Internet par satellite, et extension progressive de la couverture haut débit dans les zones rurales.

Trois modèles déjà testés ailleurs sur le continent

Le gouvernement ivoirien n’a pas encore précisé les mécanismes envisagés pour réduire le coût d’accès aux smartphones. Plusieurs approches ont déjà fait leurs preuves ailleurs en Afrique et pourraient inspirer Abidjan.

À Madagascar, un programme de distribution de 664 000 équipements subventionnés — dont 400 000 destinés aux femmes et aux jeunes filles — s’appuie sur un réseau de neuf distributeurs agréés pour garantir un déploiement transparent jusque dans les zones rurales. Au Rwanda, les autorités ont privilégié des partenariats avec les opérateurs télécoms pour proposer des terminaux à prix réduit ou des mécanismes de paiement échelonné.

Une troisième voie, plus structurante, consiste à développer l’assemblage local de smartphones pour réduire les coûts d’importation. Le Kenya est le pays le plus avancé sur ce segment : son usine d’assemblage, lancée en octobre 2023 dans le cadre d’un partenariat public-privé, a déjà produit environ cinq millions d’appareils, commercialisés entre 46 et 62 dollars. L’Ouganda, le Ghana, la Zambie et la Guinée explorent des projets similaires — autant d’opportunités d’investissement industriel que la Côte d’Ivoire pourrait également envisager dans le cadre de sa propre stratégie d’inclusion numérique.

Y.H.

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