L’industriel ivoirien Koné Daouda Soukpafolo, surnommé le « roi du coton », a conclu un accord pour reprendre le contrôle majoritaire d’Uniwax, l’un des principaux fabricants industriels de wax en Afrique de l’Ouest, coté à la Bourse régionale des valeurs mobilières. L’opération marque le retour du groupe textile sous contrôle ivoirien, après plusieurs années de présence majoritaire étrangère.
La reprise s’effectue via la Compagnie ivoirienne de coton (COIC), présidée par M. Soukpafolo. Les modalités financières de la transaction n’ont pas été rendues publiques et restent soumises aux autorisations réglementaires. Selon des sources proches du dossier, la direction actuelle d’Uniwax ainsi que le groupe néerlandais Vlisco continueront d’accompagner l’entreprise afin d’assurer la continuité des activités.
Créée à la fin des années 1960 et implantée dans la zone industrielle de Yopougon à Abidjan, Uniwax est l’un des rares fabricants industriels de wax encore en activité dans la sous-région. L’entreprise produit des tissus imprimés destinés au marché ivoirien et aux pays voisins, et a longtemps été contrôlée par Vlisco via la holding ivoirienne Frageci.
Un redressement financier amorcé en 2025
Cette opération intervient alors qu’Uniwax sort d’une phase de restructuration opérationnelle et commerciale. Après plusieurs exercices déficitaires, l’entreprise a renoué avec la croissance et la rentabilité en 2025.
Au premier semestre, le chiffre d’affaires a atteint 15,7 milliards FCFA (28,5 millions de dollars), en hausse d’environ 12 % sur un an, avec une progression estimée à 13 % au troisième trimestre. À fin septembre 2025, le résultat net cumulé s’établissait à près de 8,1 milliards FCFA, soutenu par une meilleure maîtrise des coûts, un rebond de la demande sur le marché ivoirien et un élargissement de la distribution, notamment au Nigeria et en Guinée.
Ces performances ont été largement saluées par les investisseurs. Entre janvier et novembre 2025, le titre Uniwax a progressé de 267 % à la BRVM, portant la capitalisation boursière de la société à près de 40 milliards FCFA en fin d’année, un signal fort du regain de confiance du marché.
Une logique d’intégration en aval
Pour la COIC, principalement active dans l’égrenage et la transformation primaire du coton, l’acquisition d’Uniwax s’inscrit dans une stratégie d’intégration en aval. La Côte d’Ivoire figure parmi les principaux producteurs africains de coton graine, mais transforme encore localement une part limitée de sa production.
Les autorités ivoiriennes encouragent depuis plusieurs années le développement de l’industrie textile afin d’accroître la valeur ajoutée domestique et de réduire la dépendance aux importations de tissus. En prenant le contrôle d’Uniwax, la COIC pourrait sécuriser ses débouchés et optimiser son approvisionnement en coton, tout en générant des synergies industrielles.
Selon des analystes, de nouveaux investissements pourraient être engagés pour moderniser les capacités de production et renforcer la compétitivité du groupe.
Des défis structurels persistants
Malgré l’amélioration récente des performances, l’environnement reste exigeant. Uniwax évolue dans un contexte marqué par la concurrence des importations asiatiques à bas coût, la persistance de la contrefaçon et la volatilité des coûts énergétiques, qui pèsent sur les marges industrielles.
La réussite de cette reprise dépendra donc de la capacité du nouvel actionnaire majoritaire à consolider la dynamique commerciale, moderniser l’outil productif et renforcer le positionnement régional de la marque, dans un secteur textile ouest-africain encore fragile mais porteur de potentiel.




