Bien que membre de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) depuis 2012, le Togo ne disposait pas encore d’un cadre législatif complet ni d’une autorité indépendante de régulation nucléaire pleinement opérationnelle. Une étape vient toutefois d’être franchie avec la signature d’un Cadre de programmation pays (CPP) couvrant la période 2026-2031.
L’accord a été signé le 9 février à Vienne par le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, et le directeur général de l’AIEA, Rafael Mariano Grossi. Ce document quinquennal fixe les priorités de coopération technique entre le pays et l’agence onusienne.
Des applications ciblées dans la santé, l’agriculture et l’énergie
À travers ce cadre stratégique, Lomé entend développer et encadrer l’utilisation pacifique des technologies nucléaires dans plusieurs secteurs prioritaires. La lutte contre le cancer figure en tête des domaines concernés, notamment via le renforcement des capacités en médecine nucléaire et en radiothérapie.
L’agriculture et la sécurité alimentaire constituent un autre axe central. Les techniques nucléaires peuvent notamment contribuer à l’amélioration variétale, au contrôle des ravageurs ou encore à la gestion des ressources en eau. Le volet énergétique, ainsi que d’autres usages scientifiques et technologiques, sont également inclus dans la coopération.
L’objectif est de structurer les programmes de recherche, de formation et d’application de ces technologies, tout en bénéficiant de l’expertise technique et institutionnelle de l’AIEA à chaque étape du processus.
Un chantier institutionnel encore en construction
Ce partenariat intervient dans un contexte de structuration progressive du dispositif national. En janvier 2025, les autorités togolaises ont créé le Commissariat à l’énergie atomique (CEAT), première pierre d’une architecture institutionnelle dédiée au pilotage du secteur.
Au-delà des projets techniques, plusieurs défis restent à relever : consolidation du cadre légal et réglementaire, mise en place d’un système robuste de sûreté et de sécurité nucléaire, renforcement de la protection radiologique et mobilisation de ressources budgétaires adaptées.
L’élection du Togo au Conseil des gouverneurs de l’AIEA en septembre 2025 confère par ailleurs une visibilité accrue au pays sur les questions nucléaires internationales. Avec le CPP 2026-2031, Lomé cherche désormais à transformer cet engagement diplomatique en avancées concrètes, en ancrant durablement l’usage pacifique du nucléaire dans ses politiques publiques.




