Au Ghana, le cacao demeure la locomotive des exportations agricoles. Mais derrière cette filière historique, d’autres cultures pérennes montent en puissance dans le commerce extérieur, sans encore exploiter pleinement leur potentiel. Pour changer d’échelle, les autorités veulent attirer massivement des capitaux.
Du 17 au 20 février, l’Autorité pour le développement des cultures arboricoles (TCDA) organise le premier Sommet ghanéen sur l’investissement dans les cultures pérennes (GTCIS). L’objectif affiché est ambitieux : mobiliser 100 millions $ d’engagements d’investissements pour chacune des six filières stratégiques régulées par l’institution — anacarde, palmier à huile, hévéa, noix de coco, karité et mangue — soit un total de 600 millions $ ciblés.
Placée sous le thème « Croissance durable grâce aux investissements dans les cultures pérennes », la rencontre devrait réunir plus de 6 000 participants, dont des investisseurs institutionnels, des institutions de financement du développement, des agro-industriels et des décideurs publics. L’ambition est claire : transformer l’événement en plateforme de partenariats concrets et sécuriser des financements pour renforcer la transformation locale et améliorer les revenus des producteurs.
Selon Andy Osei Okrah, directeur général du TCDA, le secteur des cultures pérennes constitue l’une des principales opportunités de croissance inclusive et de transformation industrielle du pays. En août 2025, l’institution estimait que chacune de ces filières pourrait générer jusqu’à 2 milliards $ de recettes d’exportation annuelles d’ici 2030, à condition de mobiliser des investissements adéquats et de structurer les chaînes de valeur.
Pour l’heure, l’écart entre ambition et réalité reste important. Les exportations d’anacardes, deuxième produit agricole exporté après le cacao, ont rapporté 237 millions $ en 2024, selon le Service statistique du Ghana (GSS). Un niveau encore loin des projections avancées par les autorités.
Des initiatives sectorielles déjà engagées
Plusieurs signaux traduisent néanmoins un regain d’intérêt politique pour ces filières. Début février, Accra a annoncé son intention de doubler les superficies consacrées à la noix de coco, pour atteindre 180 000 hectares d’ici 2028. L’objectif est d’augmenter de 60 % les recettes d’exportation liées à la filière, à 18,1 millions $ par an, et de consolider le leadership régional du pays.
En janvier, le président John Dramani Mahama a lancé la construction d’un pôle industriel dédié au karité à Wa, destiné à attirer des investissements dans les segments cosmétique, agroalimentaire et pharmaceutique. Dans la filière palmier à huile, le gouvernement prévoit une facilité de financement de 500 millions $ sur la période 2026-2032 afin de soutenir les investissements privés et viser l’autosuffisance.
Les filières anacarde et hévéa, elles, restent en attente de plans structurants d’envergure. Les transformateurs de caoutchouc estiment perdre plus de 100 millions $ par an faute d’un niveau suffisant de transformation locale et d’un cadre réglementaire incitatif.
À travers le GTCIS, les autorités ghanéennes cherchent donc à combler ce déficit d’investissement et à repositionner les cultures pérennes comme piliers d’une économie verte diversifiée. Reste à savoir si les annonces se traduiront par des engagements financiers fermes, dans un contexte régional où la compétition pour les capitaux agricoles s’intensifie.




