À l’Université fédérale de Lafia, au centre du Nigéria, l’accès à l’électricité n’est plus un obstacle aux activités académiques. Grâce à une centrale solaire hybride financée par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), les coupures de courant — autrefois quotidiennes — ont quasiment disparu. Salles de classe, laboratoires, bureaux et installations administratives bénéficient désormais d’une alimentation stable et fiable.
Une transformation profonde de la vie universitaire
Selon le vice-chancelier, Shehu Abdul Rahman, les effets sont immédiats. Avant l’arrivée du système solaire, l’université dépensait environ 25 millions de nairas (17 000 dollars) par mois pour une électricité irrégulière. « Depuis que le projet fournit de l’électricité, nous avons pu réaffecter des ressources à la recherche et à d’autres priorités institutionnelles. Un approvisionnement fiable en électricité est essentiel pour des travaux universitaires et scientifiques de qualité », a-t-il déclaré.
Le projet comprend aussi un atelier et centre de formation en énergies renouvelables, où les étudiants acquièrent des compétences pratiques. Pour Rahmat Abdullahi, étudiant en informatique : « La stabilité de l’alimentation électrique m’a permis d’étudier plus longtemps sans interruption. La formation en STEM m’aide à appliquer plus concrètement ce que nous apprenons en cours. »
Un programme national : huit universités équipées
La centrale de Lafia est l’une des huit centrales solaires hybrides mises en place dans huit universités fédérales, dans le cadre de la phase III de l’Energising Education Programme (EEP), soutenue par un financement de 200 millions de dollars de la BAD.
Les bénéficiaires incluent :
- University of Port Harcourt (et son centre hospitalier universitaire)
- Federal University Dutsin-Ma
- Modibbo Adama University (Yola)
- Federal University Lokoja
- Federal University of Technology, Akure
- Federal University of Technology, Owerri
- Federal University of Uyo
En tout, le programme fournira 36,5 MW d’électricité hybride, suffisamment pour alimenter les huit campus et un hôpital universitaire en continu.
Port Harcourt : des économies immédiates et un campus plus sûr
Lors d’une mission d’évaluation récente, la BAD, l’Agence d’électrification rurale et le ministère des Finances ont confirmé les avancées à Lafia et Port Harcourt.
À l’Université de Port Harcourt, la centrale de 10,77 MW a déjà réduit les factures d’électricité de 150 millions à 100 millions de nairas par mois. Le vice-chancelier, Owunari Georgewill, souligne aussi l’amélioration de la sécurité : « Le campus est plus éclairé, plus sûr, et nos coûts ont baissé. Nous nous engageons à pérenniser ces acquis. »
L’intégration du centre hospitalier universitaire est en cours. Pour son directeur médical, le professeur Chituru Orluwene, une alimentation stable est indispensable : « Notre mandat de service, de recherche et de formation dépend entièrement d’une électricité fiable. »
Un impact national majeur
La phase III de l’EEP doit bénéficier à plus de 180 000 étudiants et membres du personnel, réduire drastiquement l’usage du diesel et installer :
- 5 300 compteurs intelligents
- 2 500 lampadaires solaires
- des ateliers de formation pour les énergies renouvelables
Environ 160 étudiantes en STEM suivent déjà des formations techniques avancées, renforçant la présence féminine dans les métiers des énergies renouvelables.
Un pilier de la « Mission 300 » pour l’accès universel à l’électricité
Le programme EEP s’inscrit dans la Mission 300, initiative conjointe BAD–Banque mondiale visant à fournir l’électricité à 300 millions de personnes supplémentaires en Afrique d’ici 2030.
- Phase I de l’EEP : financée par l’État nigérian
- Phase II : financée par la Banque mondiale
- Phase III : financée par la BAD
En ciblant les universités et les centres hospitaliers universitaires — piliers du capital humain — le Nigéria démontre comment des investissements stratégiques dans l’énergie peuvent transformer l’éducation, la recherche, les soins de santé et la formation technique.




