L’agriculture reste l’un des piliers de l’économie nigériane, représentant 22,7 % du PIB selon la Banque mondiale et employant près de 60 % de la population active. Pourtant, le secteur demeure sous-financé : il capte moins de 5 % du portefeuille de prêts bancaires. Pour combler une partie de ce déficit structurel, le gestionnaire d’investissements Sahel Capital a annoncé, mardi 24 février, le lancement d’un nouveau fonds dédié au financement de projets agroalimentaires dans le pays.
Baptisé Sahel Agribusiness Private Debt Fund, ce véhicule de dette vise une taille cible de 75 milliards de nairas (environ 55,4 millions de dollars). Il est conçu comme un fonds de dette fermé, avec une première tranche de 25 milliards de nairas actuellement en levée.
Un outil de financement adapté aux réalités du marché nigérian
Contrairement aux mécanismes traditionnels de financement souvent indexés sur les devises fortes, ce nouveau fonds est libellé en monnaie locale, ce qui réduit sensiblement les risques de change pour les entreprises bénéficiaires. Sa souscription est réservée aux investisseurs institutionnels qualifiés — fonds de pension, compagnies d’assurance, sociétés de gestion d’actifs — ainsi qu’aux HNWIs (particuliers à patrimoine élevé).
Sahel Capital s’appuie sur un consortium de partenaires pour structurer et sécuriser le véhicule : CardinalStone, STL Trustees Limited, KPMG, PwC, Stanbic IBTC et le cabinet G Elias.
Ce fonds vient compléter l’arsenal déjà existant du gestionnaire, notamment le Sahel Capital Agribusiness Fund II (SCAF II), doté de 75 millions de dollars, qui intervient en capital dans les entreprises agroalimentaires d’Afrique de l’Ouest. À la différence de SCAF II, le nouveau fonds cible exclusivement le Nigeria et se concentre sur la dette plutôt que sur la prise de participation.
Réduire un déficit de financement estimé à 180 millions de dollars
Selon le Nigeria Agricultural Development Fund (NADF), l’agriculture nigériane souffre d’un déficit de financement de près de 180 millions de dollars, nourri par des contraintes structurelles : coûts élevés du crédit, perception de risque, faible pénétration des produits financiers adaptés au monde rural, et fragmentation des chaînes de valeur.
Pour Sahel Capital, l’ambition est de contribuer à :
- renforcer les capacités productives des entreprises agroalimentaires,
- financer leur croissance,
- structurer davantage les chaînes de valeur locales,
- et soutenir la transformation du secteur, encore dominé par de faibles rendements et une mécanisation limitée.
En s’attaquant au manque de financement de long terme, le fonds entend également encourager l’investissement privé dans un secteur pourtant central pour la sécurité alimentaire et la stabilité macroéconomique du Nigeria.




