Mali : Roscan Gold prévoit 218,7 millions $ pour développer la mine d’or de Kandiolé

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Au Mali, l’or demeure au cœur des investissements miniers, porté par la hausse continue des prix sur les marchés internationaux. Cette dynamique se traduit par l’émergence de nouveaux projets industriels, dont celui de Kandiolé, porté par la compagnie canadienne Roscan Gold.

Dans une évaluation économique préliminaire (PEA) publiée le 2 mars, l’entreprise annonce prévoir un investissement initial de 218,7 millions de dollars pour la construction d’une mine sur ce projet aurifère situé dans l’ouest du pays. Le complexe minier envisagé pourrait produire 834 858 onces d’or sur une durée d’exploitation estimée à environ 13 ans.

Selon les projections de la société, l’investissement serait amorti en moins de trois ans, soit environ 2,8 ans après le démarrage de la production. Roscan anticipe une production annuelle moyenne de 92 786 onces d’or durant les quatre premières années d’exploitation. Sur la base d’un prix de référence de 3 100 dollars l’once, le projet affiche une valeur actuelle nette (VAN) après impôts de 498 millions de dollars et un taux de rendement interne (TRI) de 43 %, des indicateurs jugés attractifs dans l’industrie minière.

La publication de cette étude marque une étape importante dans la progression du projet. Roscan devra toutefois franchir plusieurs jalons avant d’engager la phase de construction, notamment l’obtention d’un permis d’exploitation minière et la mobilisation du financement nécessaire au développement du site.

Malgré ces avancées, la viabilité commerciale du projet reste conditionnée à la confirmation des ressources. L’évaluation économique préliminaire repose en effet sur des ressources minérales, qui devront être converties en réserves exploitables pour renforcer la crédibilité technique et financière du projet. Dans cette perspective, la réalisation d’une étude de faisabilité bancable (DFS) constitue l’étape suivante.

Roscan met également en avant un potentiel d’expansion du projet. Selon Nana Sangmuah, président de la compagnie, la majorité du minerai destiné à l’usine provient actuellement de trois gisements sur les six identifiés, ce qui laisse entrevoir des possibilités d’augmentation des ressources grâce à de nouveaux programmes de forage.

Pour Roscan Gold, la concrétisation de Kandiolé représente un enjeu majeur. L’entreprise ne dispose à ce stade d’aucun actif en production et ce projet pourrait devenir son premier complexe minier opérationnel. Le contexte apparaît d’autant plus favorable que les prix de l’or ont fortement progressé ces dernières années, avec une hausse estimée à plus de 60 % en 2025.

Pour le Mali, le développement de Kandiolé s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer les retombées économiques du secteur aurifère. Les autorités ont engagé plusieurs réformes, dont l’adoption du nouveau Code minier en 2023, afin d’accroître la contribution du secteur à l’économie nationale.

L’or reste en effet la principale ressource extractive du pays. Selon l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), il représentait 76,5 % des exportations nationales et 9,2 % du PIB en 2022. Parallèlement au projet Kandiolé, d’autres projets aurifères progressent également, notamment Kobada, où la société canadienne Toubani Resources prévoit une mine capable de produire 162 000 onces d’or par an pendant environ 9,2 ans.

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