Guinée : le rapatriement des recettes minières relevé à 70 % pour renforcer les réserves en devises

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La Guinée durcit son cadre réglementaire applicable au secteur minier. Les autorités exigent désormais des sociétés minières qu’elles rapatrient entre 60 % et 70 % de leurs recettes d’exportation via les banques locales, contre 50 % auparavant.

Cette mesure a été présentée aux opérateurs lors d’une réunion tenue le 31 mars sous la conduite du ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, sur instruction du président de la République.

Un encadrement renforcé des flux financiers

Au-delà du relèvement du seuil de rapatriement, le gouvernement introduit un ensemble de dispositions visant à mieux contrôler les flux financiers du secteur.

Les exportations devront désormais être soumises aux formalités DDI-DDE (déclaration d’intention d’exportation et déclaration d’exportation). Les dépenses d’exploitation devront transiter par les banques locales, tandis que les achats effectués sur le territoire devront être réglés en devises.

L’objectif est double : renforcer les réserves de change de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) et améliorer la traçabilité des flux financiers issus de l’activité minière, pilier de l’économie nationale.

Une mise en œuvre encore incertaine

Malgré un cadre déjà existant, les autorités constatent que le seuil de 50 % de rapatriement n’est pas encore respecté par l’ensemble des opérateurs.

Pour Bouna Sylla, le contexte international actuel — marqué par des tensions géopolitiques et des pressions économiques — rend nécessaire une mobilisation accrue des ressources en devises pour soutenir le financement du développement.

Des préoccupations du secteur privé

Les sociétés minières ont pris acte de ces nouvelles orientations, tout en exprimant plusieurs préoccupations. Parmi les points soulevés figurent les délais de remboursement des crédits de TVA, le suivi des cargaisons exportées et les contraintes liées aux engagements contractuels existants.

La ministre de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, a indiqué que des mesures sont en cours pour accélérer le traitement des crédits de TVA et digitaliser les procédures administratives.

Vers un cadre concerté d’application

La mise en œuvre opérationnelle des nouvelles dispositions devrait faire l’objet d’une concertation entre les autorités, la Banque centrale et les représentants du secteur, notamment la Chambre des mines.

L’enjeu pour l’État est de renforcer la captation des devises issues de l’exploitation minière, dans un contexte de dépendance accrue aux ressources naturelles, tout en préservant l’attractivité du secteur pour les investisseurs internationaux.

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