Togo : la filière karité en quête de structuration pour capter plus de valeur

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Au Togo, la filière karité amorce une phase de recomposition. Réunis à Lomé la semaine dernière, les acteurs du secteur ont engagé une réflexion collective visant à renforcer l’organisation et la compétitivité d’une chaîne de valeur encore fragmentée.

Portée par la Coordination togolaise des organisations paysannes et de producteurs agricoles, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de structuration d’un segment stratégique pour l’économie rurale, où le karité constitue une source essentielle de revenus, notamment pour les femmes.

Une filière à fort potentiel mais encore peu intégrée

Malgré un positionnement de 7ᵉ producteur mondial, avec une production annuelle estimée entre 35 000 et 50 000 tonnes d’amandes, le Togo peine à capter pleinement la valeur ajoutée de cette ressource. En cause : des capacités de transformation limitées, un accès restreint au financement et des contraintes logistiques persistantes.

Les échanges ont ainsi mis en évidence la nécessité de mieux organiser les relations entre producteurs, transformateurs et exportateurs, afin d’améliorer la qualité des produits et de renforcer la présence du karité togolais sur les marchés régionaux et internationaux.

Vers une montée en gamme de la chaîne de valeur

Au cœur des discussions, plusieurs leviers ont été identifiés : le renforcement des capacités techniques, le développement de partenariats public-privé et la mise en place de mécanismes de financement adaptés aux acteurs locaux. L’objectif est d’accompagner une montée en gamme progressive, en favorisant notamment la transformation locale.

Cette orientation apparaît déterminante pour améliorer les revenus des acteurs de la filière et réduire la dépendance aux exportations de matières brutes.

Un cadre politique en évolution

Cette mobilisation intervient dans un contexte de repositionnement des politiques publiques en faveur des chaînes de valeur agricoles. Les autorités togolaises affichent en effet leur volonté de promouvoir des filières à fort potentiel, dans une logique de création de valeur locale et de développement rural.

L’introduction récente de mesures fiscales, notamment une taxe à l’importation sur certains produits incluant le karité, traduit cette volonté de structuration du marché.

Dans la continuité des échanges engagés lors d’un premier atelier à Kara en mars, cette nouvelle rencontre confirme la volonté des parties prenantes de bâtir une filière plus intégrée, capable de mieux répondre aux exigences des marchés et de contribuer durablement à la croissance économique du pays.

B.S.

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