Le Burkina Faso franchit une nouvelle étape dans la mise en œuvre de sa réforme minière. Les autorités ont annoncé un investissement de 70 milliards FCFA (environ 125 millions de dollars) pour acquérir 25 % supplémentaires dans la mine d’or de Kiaka, opérée par West African Resources.
Cette opération doit permettre à l’État de porter sa participation de 15 % à 40 %, conformément aux orientations du nouveau Code minier adopté en 2024.
Une montée en puissance sur un actif stratégique
Entrée en production en juin 2025, la mine de Kiaka constitue l’un des actifs aurifères les plus prometteurs du pays. Elle est actuellement détenue à 85 % par WAF, contre 15 % pour l’État burkinabè.
Selon l’opérateur australien, la transaction a été rendue possible par la publication d’un décret encadrant l’augmentation de la participation publique. Les discussions sont désormais en phase de finalisation, avec un objectif de conclusion d’ici la fin de l’année 2026, en coordination avec la société publique SOPAMIB.
À travers cette montée au capital, Ouagadougou entend renforcer sa présence dans la gouvernance des projets miniers et accroître sa part des revenus, notamment sous forme de dividendes.
Un levier de revenus dans un contexte de montée en production
La mine de Kiaka vit en 2026 sa première année complète d’exploitation. Sa production pourrait atteindre jusqu’à 280 000 onces d’or (environ 8,7 tonnes), soit près de 16 % de la production industrielle nationale estimée à 52 tonnes en 2025.
Ce positionnement en fait un actif stratégique pour les finances publiques, dans un pays où l’or demeure la principale source de recettes d’exportation.
Une illustration des nouvelles orientations minières
Cette opération constitue l’une des premières applications concrètes du nouveau cadre réglementaire, qui vise à accroître la participation des États dans les projets extractifs et à mieux capter la valeur générée par les ressources naturelles.
Pour WAF, cette cession partielle s’inscrit également dans une logique d’optimisation financière. La compagnie prévoit de redistribuer le produit de la transaction à ses actionnaires sous forme de dividende exceptionnel.
Par ailleurs, le groupe poursuit ses activités au Burkina Faso à travers l’exploitation de la mine de Sanbrado et le développement du gisement satellite de Toega, qui ne sont pas concernés par cette prise de participation supplémentaire de l’État.
Dans un contexte régional marqué par une volonté croissante de souveraineté sur les ressources extractives, cette opération illustre l’évolution des rapports entre États et investisseurs dans le secteur minier ouest-africain.
A.S.




