La Côte d’Ivoire confirme ses ambitions dans l’or avec l’avancée du projet Assafou, porté par Endeavour Mining. Le groupe a publié, le 23 avril, les résultats de l’étude de faisabilité définitive (DFS), validant la viabilité économique de cette future mine stratégique.
Le coût d’investissement est désormais estimé à 1,06 milliard de dollars, en nette hausse par rapport aux 734 millions annoncés lors de l’étude de préfaisabilité en 2024. Cette révision s’explique notamment par des ajustements techniques, en particulier sur les infrastructures de traitement.
Un actif de grande envergure
Selon les projections, la mine devrait produire en moyenne 257 000 onces d’or par an sur une durée de vie de 16 ans, avec un pic à 320 000 onces durant les huit premières années.
Le projet affiche une valeur actuelle nette (VAN) de 2,1 milliards de dollars et un taux de rendement interne (TRI) de 28 %, sur la base d’un prix de l’or estimé à 2 500 dollars l’once. Un profil qui positionne Assafou comme un actif clé dans la stratégie de croissance d’Endeavour en Afrique de l’Ouest.
Le groupe exploite déjà plusieurs mines dans la région, notamment Ity et Lafigué en Côte d’Ivoire, Houndé et Mana au Burkina Faso, ainsi que Sabodala-Massawa au Sénégal. Il anticipe une hausse de sa production globale d’environ 36 % entre 2024 et 2030.
Vers un changement d’échelle pour la production nationale
Au-delà des enjeux propres à Endeavour, le projet Assafou s’inscrit dans une dynamique plus large de montée en puissance de l’industrie aurifère ivoirienne. Le pays vise une production de 100 tonnes d’or par an d’ici la prochaine décennie, contre 58 tonnes en 2024.
Dans cette perspective, Assafou rejoint le projet Koné, développé par Montage Gold, qui prévoit une production annuelle supérieure à 300 000 onces sur ses dix premières années. Ensemble, ces projets devraient jouer un rôle structurant dans la transformation du secteur.
Des retombées économiques attendues, sous conditions
Le développement de ces nouvelles mines représente un levier potentiel de croissance pour l’économie ivoirienne, à travers les recettes fiscales, les emplois et les investissements. Le cadre actuel prévoit notamment une participation gratuite de 10 % de l’État dans les projets, ainsi qu’un impôt sur les sociétés de 25 % et des redevances minières.
Toutefois, plusieurs incertitudes subsistent, notamment autour de la révision en cours du Code minier. Comme observé au Mali ou au Burkina Faso, ces réformes pourraient entraîner une augmentation de la participation publique, avec des implications sur la rentabilité des projets.
Prochaines étapes
Endeavour prévoit de prendre la décision finale d’investissement d’ici fin 2026. Le développement du site devrait ensuite s’étaler sur une période de 24 à 30 mois, pour une mise en production à moyen terme.
Dans un contexte de hausse des prix de l’or et de compétition accrue entre juridictions minières, la capacité de la Côte d’Ivoire à maintenir un cadre attractif et stable sera déterminante pour concrétiser ces ambitions.
Y.N.




