La Guinée intensifie ses efforts pour généraliser l’accès à Internet en misant sur les technologies spatiales. Dans cette optique, les autorités envisagent une coopération avec Open Cosmos, une société britannique spécialisée dans les satellites.
Le satellite comme levier de connectivité
La question a été au cœur d’échanges tenus le 29 avril entre des responsables gouvernementaux et des représentants d’Open Cosmos. Les discussions ont porté sur les solutions de conception, de déploiement et d’exploitation de satellites, avec un objectif clair : améliorer la couverture numérique, notamment dans les zones reculées.
Pour les autorités, ces technologies offrent une réponse aux limites structurelles des infrastructures terrestres, souvent coûteuses à déployer dans certaines régions du pays.
Une stratégie qui s’inscrit dans une tendance africaine
La Guinée n’en est pas à sa première initiative dans ce domaine. En janvier 2025, elle s’était déjà rapprochée de AirSat Technology pour explorer un projet similaire, sans avancées publiques depuis.
Plus largement, cette orientation reflète une dynamique continentale. Selon la GSMA, les solutions de connectivité aérienne, dont le satellite, sont appelées à jouer un rôle clé dans l’atteinte de la connectivité universelle en Afrique subsaharienne.
Dans des environnements marqués par des contraintes géographiques (zones forestières, montagnes, régions peu densément peuplées), ces solutions apparaissent souvent plus rapides et plus flexibles que les réseaux traditionnels.
Une fracture numérique toujours marquée
Malgré des progrès en matière de couverture, l’usage d’Internet reste limité. D’après l’Union internationale des télécommunications (UIT), environ 70 % de la population guinéenne n’utilisait pas Internet en 2024.
Les données du régulateur national montrent pourtant une amélioration de la couverture :
- 2G : 87,9 % de la population
- 3G : 81,3 %
- 4G : 77 %
Mais l’accès réel demeure en retrait. Le taux d’utilisation d’Internet mobile tourne autour de 33,3 %, selon l’UIT, malgré un nombre élevé d’abonnements mobiles.
Au-delà de l’infrastructure : le défi de l’usage
Le principal enjeu dépasse désormais la simple couverture réseau. Selon la GSMA, 58 % des populations non connectées vivent déjà dans des zones couvertes par le haut débit mobile.
Les freins sont multiples :
- coût élevé des smartphones et des équipements
- prix des abonnements
- faible culture numérique
- manque de contenus adaptés aux réalités locales
Dans ce contexte, le satellite apparaît comme un complément stratégique, mais non comme une solution unique.
Vers une approche hybride
La stratégie guinéenne semble s’orienter vers un modèle combinant :
- réseaux terrestres (mobile et fibre)
- solutions satellitaires pour les zones difficiles d’accès
- politiques d’inclusion numérique
L’enjeu pour les autorités sera de transformer ces investissements technologiques en accès effectif aux services numériques, condition essentielle pour soutenir le développement économique et social.
Un chantier structurant pour la transformation numérique
En misant sur le spatial, la Guinée cherche à franchir un cap dans sa transformation numérique. Mais la réussite de cette stratégie dépendra de sa capacité à articuler infrastructures, accessibilité économique et adoption des usages, afin de réduire durablement la fracture numérique.
B.S.




